Samedi matin, 9h, j'enfourche mon VTT pour un petit retour sur les bords de Loire, histoire de faire remonter d'agréable souvenirs ...

Il faisait froid et les routes glissantes ne purent s'empêcher de me faire comprendre que mes pneus ne suportaient pas ces températures si basses ... Le souvirage à vélo, c'est ... Comment dire ... Le truc qui vous réveille si vous ne l'étiez pas avant. Du coup, en passant dans certaines villes, comme le Grand Fougeray, on me regardait bizarrement car je prenais mes virages bien large.

IMG_20160116_103654première pause pipi, mon vélo me semble bizarre, je l'ai encore modifié.

Avec le soleil, la route fut plus agréable à parcourir sur les vallons de Loire-Atlantique. Je suis repassé par tous les endroits où j'ai vécu et ai remarqué tous ces changements qui souvent, détruisent la beauté naturelle de l'environnement. Je trouve que ça manque de plus en plus de chaleur et de vie, nos contrées, aujourd'hui.

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Deuxième pause, étang des Provostières, l'une des réserves d'eau du canal de Nantes à Brest et aussi notre première halte de notre futur voyage à vélo familiale, l'été prochain.

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Riaillé, vu des hauteurs.

J'ai remarqué, avant d'arrivée sur les bords de Loire, que la campagne, à l'approche des agglomérations en développement, devenait une véritable décharge. On trouve de tous dans les fossés bordant les routes; animaux morts, sacs plastiques, emballages en tout genre, vieux matelas, fringues, polystyrène et j'en passe. Mais le pire, ce sont les menus McDo qui sont jetés directement depuis la fenêtre des voitures; en 200 km, je n'avais pas assez de doigts sur mes deux mains pour les compter.

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le pont d'Ancenis

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La Lune voulait se mêler à la fête.

J'étais heureux d'arriver mais là encore, les changements me firent déchanter. Les pistes cyclables ne sont pas entretenues comme elles le devraient, pire, certaines qui avaient une enrobée, se retrouvent nues. Je me souviens du roller que je faisais avec ma compagne enceinte à l'époque ... Maintenant, il faudrait patiner sur la route et encore, les automobilistes ne veulent pas la partager leur route; après plusieurs queues de poisson, je me suis dit que ce n'était plus une coïncidence, ils ne veulent pas de cyclistes sur les routes. (en quelques années, la mentalité a bien changé)

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La Loire à Ancenis

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Le château de Champtoceaux

IMG_20160116_145032L'église de Oudon, je voulais aussi prendre la tour sur sa gauche et qui fait sa réputation mais mon appareil s'est éteint à ce même moment.

A partir de là, ça sent bon le retour. Il fait froid et je me suis trop couvert, du coup, je transpire au moindre effort et le froid me glace ensuite ... Bizarrement, ici, les cyclistes croisés ne veulent pas me rendre mon salut; serait-ce à cause de mon drôle d'engin ?

Commençant à en avoir marre des voitures, je décide de me rallonger un peu et de prendre le canal de Nantes à Brest. Après avoir bavé devant les 4 boulangeries de Nort sur Erdre, je m'engage sur le halage, pour 80 km.

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100_0235Il y a des passages interminables sur le canal, de longues lignes droites mais c'est plus agréable de pédaler ici que dans le flot de véhicules que l'on retrouve même sur les toutes petites routes. La voiture est devenu envahissante ...

Il faudrait vraiment que j'investisse dans une Go-Pro. Juste avant la tombée de la nuit, j'ai failli être victime d'un accident de la circulation. Deux biches toutes guillerettes, ont failli me renverser pour aller plonger dans le canal. Une fois sur l'autre berge, l'une des deux s'est retournée et m'a regardé d'un air surpris avant de détaller sans demander reste.

Un peu plus tard, une lumière s'approchait dans la nuit qui était finalement tombée. Je croyais qu'un autre cycliste tentait l'aventure canal de nuit mais en fait, c'était une jeune fille avec un panier. Pas très loin derrière, un couple de renards semblaient flairer une piste. Etait-ce l'odeur de victuailles qu'il y aurait pu y avoir dans le panier de la demoiselle ? Toujours est-il qu'ils ont détallé en me voyant.

Guenrouet, Enfin, il ne me reste plus que 60 km. J'étais pressé de rentrer mais l'aventure n'était pas fini. J'allais suivre l'Isaac qui fut en crue encore quelques jours auparavant et je m'en aperçus rapidement. Mon Dakar commençait. Entre Guenrouet et Fégréac il y a un nombre de km assez important et quasiment aucune route pour sortir du halage ... Après avoir porté mon vélo pour passer par dessus un arbre tombé en travers du halage juste après Blain, j'allais batailler pour tenir mon vélo en évitant les branchages et troncs charriés par la crue et me barrant le passage. Maintes fois j'ai failli finir dans l'Isaac, roulant sur une portion large de 50 cm, avec de l'eau de chaque côté et des rats qui attendaient le dernier moment pour me laisser passer. Je tenais fermement le guidon de mon vélo pour éviter de dévisser avec une crainte, devoir faire demi-tour à cause de la crue. Frayeur; les deux roues sont dans l'eau ... Ouf, ce n'était que sur quelques mètres ... Je recroise les doigts, écoute les bruits de la nuit, essaie de me repaître du paysage éclairé par la multitude d'étoiles et continue d'avancer. Enfin Fégréac, je vais pouvoir dé-stresser avant de reprendre la route à Saint Nicolas de Redon.

12 heures après mon départ, je suis à nouveau chez moi, prêt à repartir. 220 km pour retracer une partie de mon passé en me disant qu'il faudrait que je m'équipe mieux pour mes voyages hivernaux mais comme je me dis ça à chaque fois ...