Le retour commence avec une demi-heure de retard. Un voisin de la grand-mère de nos filles, ancien cyclotouriste, tient à nous faire voir ses deux vélos dont celui avec lequel il effectua son Paris-Brest-Paris.

Nous roulons bien, déjeunons à Ambazac et arrivons au lac de Saint Pardoux en début d’après-midi. Baignade et jeux sont au programme.

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Le lendemain, la chaleur s’invite à la fête. Nous découvrons de magnifiques petites routes qui nous permettent d’éviter Le Dorat, Montmorillon et son flot de véhicules à propulsion. Le soir, nous sommes de retour à Antigny et comme les moustiques sont absents, nous en profitons pour dormir à la belle étoile ; une première pour nos filles mais elles adorent regarder le scintillement des étoiles ( c’est autre chose que la télévision ).

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Il faut désormais composer avec la chaleur (40°C), rouler le matin, s’abriter l’après-midi et rouler de nouveau le soir pour trouver un endroit où bivouaquer. Une nouvelle dispute entache cette expédition mais elle stoppe nette lorsqu’un bruit de sifflement s’échappe de la carriole. A l’allure où nous roulons, nous aurions dû arriver à Chatellerault à onze heures malheureusement, les pneus de la carriole rendent l’âme et, dans un dernier souffle, nous échouons devant la mairie de Pasay-le-Sec. Discussion avec monsieur le maire qui arrive au même moment et nous apprend qu’il y a un Géo Trouvetou qui peut nous dépanner. Par chance, il a un vieux pneu en vingt pouces, ce qui nous permet de continuer notre route. Juste avant d’arriver à Chatellerault, à Targé, nous nous arrêtons pour nous rafraîchir et remplir les gourdes. Abel, que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam, nous ouvre les portes de son jardin (d’Eden) et nous déjeunons à l’ombre de son cerisier (merci Abel).

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Petite marche dans le centre Chatellerault pour que Tyfenn puisse se dégourdir les jambes et nous repartons à la recherche d’un vélociste qui ne soit pas fermé. Finalement, un homme assis sur le rebord d’une fenêtre, nous indique qu’il y a un étang avec de l’ombre à côté de Auchan. Direction le supermarché où je trouve deux pneus neufs pour la carriole et l’ombre des arbres de l’étang pour le reste de la journée. Nous dormons le soir à Lencloître, encore à la belle étoile.

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Les moustiques ont levé le camp et ça fait du bien. Nous pouvons donc nous arrêter sur « la ligne verte » sans trop nous faire dévorer. Nous prenons notre temps mais nous roulons aussi plus vite. Avec les fortes chaleurs, il est primordial de passer les après-midi à l’ombre. Ce jour-là, c’est sur une petite aire de repos dans Loudun. Les sacs de couchage s’étant humidifiés par la rosée matinale, nous en profitons pour les faire sécher au soleil. Petite visite de Loudun avec Sélène, une petite glace et on repart en direction de la Loire. Il est 18 heures et il fait encore 40°C. Nous prenons la départementale, roulons le plus vite possible au soleil et nous arrêtons à chaque fois qu’il y a de l’ombre pour nous rafraîchir et nous désaltérer.

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Arrivée à Montsoreau, direction le café en guise de récompense. Un panaché, un Monaco et deux diabolos menthe plus tard, nous reprenons la route pour bivouaquer à Dampierre sur Loire, au même endroit qu’à l’aller. La chaleur m’a tué, je traîne à cuisiner et à monter les tentes.

Le lendemain, nous ne partons pas avant dix heures. Les filles s’amusent au parc, madame fait la vaisselle et je plie le camp sans motivation. Une crise de mademoiselle Sélène fait trembler tout le bois et sa faune lors d’une averse orageuse. Nous attendons sous un pont, à Saumur, que le ciel se dégage avant de repartir. Comme elle prend l’habitude de rouler bon train, ces derniers jours, nous en profitons pour rallonger les pauses et laissons Tyfenn marcher à côté des vélos. Le soir, nous sommes de retour à la Daguenière, sans moustique mais aussi avec le moral dans les chaussettes ; le voyage sent la fin.

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La journée suivante est sans intérêt. Nous roulons pour rouler, pour rentrer, sans conviction aucune. Je n’ai qu’une envie, accélérer pour retrouver mon jardin et Céline, elle, veut repartir dans l’autre sens pour sortir des frontières de notre beau pays. Un manque d’inattention de la part de Sélène l‘envoie au tapis après s’être accrochée dans la carriole ; deux genoux écorchés et une nouvelle crise. Le soir, les canards s’invitent à notre table ; ils ne sont pas très sauvages lorsqu’il s’agit de manger. La Boire de Sainte Catherine est un très bon endroit pour s’arrêter bivouaquer, c’est calme et reposant (quand il n’y a pas de moustique), les habitants sont des canards, foulques, poules d’eau et ragondins (dont un albinos) et il y a des toilettes et lavabos pour tout nettoyer.

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L’avant dernière étape de ce voyage est la plus longue (95 km) et celle où il y a le plus de rebondissement. Il a suffit qu’on détourne les yeux quelques secondes pour que Sélène se gaufre de tout son long, s’écorchant, entre autre, de nouveau les deux genoux. Elle a fait ça en courant après sa sœur à la sortie d’un supermarché. Il faut plus d’une demi-heure pour qu’elle se calme.

Quelques kilomètres plus loin, nous gravissons la côte la plus pentue de notre voyage, 25 %. (Je n'ai pas réussi à récupérer la photo pourtant j'en étais fier d'avoir gravi cette côte avec la remorque, le poid de la gamine et tous les bagages.)

Nous roulons sur le canal de Nantes à Brest et par malchance, Sélène entre en collision avec un ragondin. Plus de peur que de mal mais beaucoup de peur tout de même ! Nous arrivons à la nuit tombée sur les lieux de notre dernier bivouac.

La nuit est paisible et le lendemain nous pouvons rouler tranquillement jusqu’à la maison. Le voyage prend fin.