Les périples du dragon rouge

03 novembre 2017

A l'assaut du Puy Mary

Pourquoi le Puy Mary ?
Lorsque j’étais petit, j’ai beaucoup roulé avec mes grand-parents dans le Massif Central. A 18 ans, j’ai traversé la chaîne des volcans d’Auvergne à pieds et j’en ai gardé un très bon souvenirs.

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Premier jour :

5h50 : je n’avais pas mis mon réveil à sonner hier soir et comme le sommeil s’enfuit, j’en profite pour m’étirer et m’habiller tranquillement. Il est 7h30 lorsque j’enfourche  mon vélo et moins d’un kilomètre plus tard, je me rend compte que j’ai oublié mon antivol. Habituellement, il me sert à attacher mon vélo lorsque je vais faire les magasins mais ce ne sera pas le cas pour ce périple où j’ai tout misé sur l’autonomie ; en tout, deux semaines de vivre dans mes sacoches en plus de ma popote, mes habits et mon matériel de bivouac.

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En temps normal, je pars avec mes cartes papiers et un carnet où est noté mon itinéraire mais ce coup-ci, je mise tout sur mon GPS. Sur de petits tracés, j’ai remarqué que le GPS me permettait de découvrir de nouveaux sentiers mais sur un long tracé, étant donné qu’il n’a pas de fond de carte, allait-il me guider correctement ?

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J’emprunte la voie verte qui démarre à seulement 10 kilomètres de chez moi et qui me mène directement à Chateaubriant. Ensuite, j’emprunte un dédale de petites routes jusqu’à Anetz en passant par les marais d’Ancenis mais c’est incroyable le nombre de voitures que l’on peut croiser dans ces marais. Que viennent faire tous ces automobilistes sur ces petites routes où l’on ne passe pas à deux de front ???

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A partir de là, je suis la Loire jusqu’à Ingrandes pour aller ensuite me perdre dans le pays des Mauges (ça monte et ça descend ce qui me donne un aperçu de ce qui m’attendra plus tard).

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Il ne manque que la parole à mon GPS car, en plein descente, je devais tourner à gauche mais je n’ai entendu le bip que bien trop tard, quand j’entamais la côte et je n’ai pas voulu couper mon effort. Arrivée en haut, je me retrouve face à une chapelle, Notre Dame de Charité, qui porte bien son nom. Il y a tout ce dont un cyclocampeur averti comme moi attend d’un tel lieu ; des tables de pique-nique, un point d’eau et des toilettes. De cet endroit démarre un chemin qui mène tout droit à Chalonnes sur Loire.

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La nuit a déjà envahi le paysage et je n’ai que 150 km au compteur. Je vois mon objectif de rouler 200 à 250 kilomètres les premiers jours pour rejoindre les montagnes se noyer dans l’obscurité. Je me demande si rouler aussi chargé avec une côte cassée n’influerait pas sur ma mauvaise performance mais l’urgence du moment est de trouver un bivouac où passer le reste de la nuit. Je suis le Layon jusqu’à Rablais sur Layon pour enfin y accrocher mon hamac et me glisser dans mon sac de couchage.
Km 175 :
Arrivée de nuit sur mon premier bivouac, je ne retiendrai que le carillon du clocher de Rablay sur Layon. J’y retournerai dans un prochain voyage pour enfin mettre une forme sur ce clocher qui a bercé ma nuit avec son joli carillon. Malgré tout, ma nuit fut mouvementée. A 1h15, j’entends la voix d’une personne mais il n’y avait personne. Un rêve ??? A partir de 3 heures les arbres se sont mis à imité la pluie avec leur feuillage, certainement pour m’avertir que le brouillard tombait et que je risquais de finir trempé. A 5 heures, une goutte d’eau reçu sur le visage me réveille à nouveau. Certainement une goutte qui s’est formé sur une feuille avec le brouillard et qui a fini par me tomber dessus (les arbres m’avait prévenu). J’ai froid aux pieds, j’en profite pour mettre mes chaussettes. Une heure plus tard, ce sont les voitures qui me réveillent et je me lève finalement à 7 heures.

Deuxième jour :

Comme souvent quand je voyage, mes deuxièmes journées sont laborieuses. Le corps doit se remettre en route, le mental doit trouver les bonnes connexions et je dois gérer l’effort au mieux.

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Donc, comme à son habitude, je me demande ce que je fais à souffrir sur une selle de vélo mal réglée (j’ai malheureusement oublié la clef pour la régler) alors que j’aurais très bien pu méditer dans mon grand jardin, malheureusement pas assez grand pour mes trois femmes qui aiment venir me poser des questions au milieu de ma méditation.

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Je commence par les coteaux du Layon dans le brouillard, cela semble magnifique mais il faudra que j’y retourne par beau temps. J’enchaîne avec les coteaux du pays de Saumur, là encore dans le brouillard mais en haut des coteaux, on aperçoit un paysage magnifique et comme pour tous les coteaux, ce sont des montagnes russes. Enfin, j’arrive dans le pays Loudunais. Par endroit, c’est un désert mais plus on s’approche de Loudun et plus c’est vallonné avec une vue exceptionnelle sur la vallée de la Loire (et la Loire elle-même ainsi que la centrale nucléaire de Chinon).

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A Loudun, je me dirige vers la ligne verte en me disant que je dormirai à proximité de Berthegon mais je vais pousser jusqu’à Lencloître. Sur la ligne verte, je m’arrête observer un groupe gonfler une montgolfière mais là encore, je file car la montgolfière est crevée et ils doivent la dégonfler pour la réparer. A Lencloître, j’installe mon bivouac dans un bois derrière le cimetière.

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KM 181
Je dors mieux que la nuit précédente mais je dois encore améliorer mon bivouac. J’ai la visite d’un chevreuil dans la soirée qui s’est longuement demandé ce que je pouvais faire ici. Un autre visiteur est venu squatter sous mon tarp, un moustique. Même s’il ne m’a pas piqué, le bruissement de ses ailes altéra sensiblement mon sommeil.

Troisième jour :

Je me lève à 7 heures alors que j’aurais bien voulu rester plus longtemps à dormir mais le sommeil s’en était allé et il fallait que je fasse un brin de toilette avant de repartir pour chasser les sueurs nocturnes, petit-déjeuner et à 8 heures sur le vélo en direction de la Vienne. Je plonge à nouveau dans le brouillard et lorsque je monte sur les hauteurs, je peux admirer une mer blanche recouvrir en grande partie le paysage.

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Mais, une route barrée me fait quitter le tracé de mon GPS. Sans carte, me voilà parti à l’aventure sur les routes de la Vienne n’essayant même pas de retrouver ma trace GPS, le moral a fuit certainement de l’autre côté.

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Je voulais découvrir une nouvelle voie verte mais l’envie n’est plus au rendez-vous, je me demande même pourquoi je suis là. Je m’arrête à Dissay, mange un peu, découvre des toilettes sèche et allez savoir pourquoi, elle donne envie de continuer surtout qu’à côté, une piste cyclable m’invite à l’emprunter. Je suis curieux de nature alors je vais voir où elle mène.

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Elle suit le Clain puis m’offre en fond le Futuroscope pour finalement déboucher sur une 4 voies. Je traverse et prends une route que j’ai déjà utilisé deux fois cette année.

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Je découvre enfin le village de Bonnes sur les bords de la Vienne et emprunte la petite route qui serpente jusqu’à Chauvigny. Après une petite pause photo, je quitte la Vienne pour me diriger vers la Gartempe que je rejoins à la cité du livre, Montmorillon.

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Je réfléchis beaucoup lorsque je pédale et là, je venais de prendre une décision importante, j’abandonnais mon parcours initial, j’abandonnais mon assaut du Puy Mary.

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Lorsque je suis parti de chez moi, j’ai emprunté voie verte, chemins et petites routes. J’étais absorbé par ma navigation et le pilotage de mon vélo. A partir du moment où j’ai décidé de changer d’itinéraire, j’ai emprunté des routes plus roulante où l’ennui arrive vite.

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Dans ces moments là, mon cerveau s’occupe comme il peut. Il ressasse des souvenirs, invente des histoires, refait le monde, améliore mon quotidien mais quand une petite déprime s’installe, il passe des messages aux muscles de tout le corps et le voyage devient souffrance. Ma décision était prise, j’allais dormir sur les rives du lac de Saint Pardoux, un lieu chargé de souvenirs et j’y passerai une journée de repos pour me ressourcer.

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Lorsque j’arrive sur les rives du lac, il fait noir mais, chose étrange, la lune ne se reflète pas sur ses eaux noires. Il n’y a pas de pêcheurs, pas de camping-car. Je suis seul. J’en profite pour me laver, manger et installer mon bivouac. Le matin, un brouillard très épais m’enveloppe. Des gouttes tombent comme s’il pleuvait. Je me rapproche du lac et, misère, il est vide !

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KM 420
J’ai décidé d’améliorer mon bivouac. Je suis parti avec un sac couchage, un tarp qui n’est autre qu’une bâche de 2 mètres sur 3 et une couverture de survie. J’installe mon hamac, le recouvre de la couverture de survie que j’attache au niveau des pieds avec le lien du hamac et lie les pans de la couverture qui pendent entre eux avec des épingles à linge, de sorte que la couverture de survie puisse coulisser comme une chaussette sur une jambe. Je garde la bâche au cas où il pleut, j’ai un peu la flemme de l’installer.
Ma chaussette de survie me permet de m’endormir avec des étoiles plein les yeux et je la remonte juste avant l’endormissement. De plus, comme j’ai un hamac en toile de parachute, le froid a tendance à passer et me glacer le dos. Dans cette configuration, je reste au chaud et protéger du vent et des courants d’air froid.

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Quatrième jour :

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Je voulais mettre ce jour à profit pour faire ma petite lessive et me reposer mais le brouillard est si dense et l’humidité tellement abondante que je préfère prendre la route en direction de la côte à travers les petites routes pittoresques de Haute-Vienne, je gravis même les Cieux !!! (Cieux, commune de Haute-Vienne)

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Midi venu, je prépare mon déjeuner dans un sous-bois à l’abri du vent et de la pluie fine.

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Le problème lorsqu’on navigue à l’instinct, c’est qu’il arrive que nous nous trompions de route aussi, en voulant passer par Saint Jean d’Angély avant de rejoindre une voie verte où j’aurais pu dormir et qui me rapprochait de la Vélodyssée, j’ai filé trop avant et me suis retrouvé à Chef-Boutonne.

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J’y connais certaines des routes et du coup, je roule dans une nuit profonde et sous un ciel étoilé à travers le sud de la campagne des Deux Sèvres avant de rejoindre la Charente maritime. Je n’ai toujours pas envie de dormir pourtant la nuit avance.

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Finalement, je décide de trouver un lieu où bivouaquer pour profiter de la journée du lendemain où je devrais atteindre l’océan. 4 essais sont nécessaires avant que je tombe sur ce petit lavoir à l’abri des regards. Je m’y engouffre, sors mon sac de couchage et me glisse dedans. Erreur impardonnable, je ne me suis pas ni déshabillé ni lavé. En itinérance, ça ne pardonne pas. J’ai froid alors que je suis bien abrité et je ne peux pas dormir. 4 heures plus tard, je décide de remonter sur mon vélo et de continuer ma route. Je vais voir un ami sur l’île de Ré, j’y prendrais une douche.

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KM 603
Après avoir essayé de m’arrêter dans une aire de repos où des chiens n’arrêtaient pas d’aboyer, essayé un petit bois avant de me rendre compte qu’il y avait un parking pour chasseurs juste à côté et ne voulant pas me faire réveiller par ce genre d’énergumène, voulu m’arrêter dans un charmant petit endroit mais qui empestait les pesticides, j’ai trouvé ce petit lavoir, juste à côté d’une aire de repos éclairé, près de Saint Félix. Le lavoir étant en retrait, il était dans l’obscurité et surtout bien sec. Si je n’avais pas été aussi prompt à vouloir m’endormir, je ne serais pas reparti de ce lieu à 4h50 le matin.

Cinquième jour :

La délivrance arrive avec le levé du soleil.

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L’océan m’invite à le rejoindre en me faisant respirer son iode bienfaisante.

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Je longe tranquillement jusqu’à La Rochelle puis prends la direction du pont de l’île de Ré.

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J’y arrive en même temps que le pote que je vais visité. Nous déjeunons sur la plage avant de prendre les pistes cyclables qui nous mènent jusque chez lui.

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La nuit venue, après une bonne douche et une bonne bouffe, nous sommes sortis humer l’air marin et compter les étoiles filantes qui étaient au programme avant d’aller se coucher.
Mine de rien, j’ai fait 700 km pour aller voir un pote qui habite à 250 bornes de chez moi …

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Sixième jour :

Nous roulons plus à l’ouest de l’île histoire de la parcourir en entier. Nous prenons des cyclistes en chasse et, je crève. Le copain est heureux que ce soit à moi que ça arrive pour une fois. J’aurais vraiment pu éviter cette crevaison en plus. Elle est arrivée à cause d’un mauvais montage de ma part et il y avait un pli dans la chambre à air qui, avec les kilomètres et la vitesse, l’ont usée au point de se déchirer. Je répare et nous repartons. Le reste de la journée sera tranquille avec une petite visite de Loix à pieds.

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Ce que je retiens de l’île de Ré, c’est que c’est un paradis pour touristes cyclistes ; il y a des pistes cyclables partout. Malgré tout, ça reste axé sur l’automobile et la consommation. Les maisons de bourges sont très mal isolées et l’écologie, je ne sais même pas s’ils connaissent ce mot,

Septième jour :

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J’entame mon retour avec un vent à décorner les bœufs. Je grignote plus que je ne mange toutes les heures environs.

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Je rencontre un couple de femmes avec une fillette de 10 – 11 ans qui remonte la vélodyssée jusqu’à Roscoff pour y prendre le ferry pour l’Angleterre. Elles ont de superbes peau de mouton que j’aurais aimé avoir par ce temps frais et venteux. Je leur indique la route pour aller en direction des Sable d’Olonne et je file à travers le marais poitevin. Je traverse ensuite la Vendée avec un mince espoir d’attraper le dernier bac pour traverser la Loire.

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Finalement, je m’arrête dans un bois proche de Saint Mars de Coutais. J’y passe une nuit tranquille avant de me faire réveiller par les chasseurs une heure avant le levé du soleil. Ils canardent à tout va jusqu’à ce que la lumière du jour fasse son apparition. En pleine période de migration et juste à côté du lac de Grand-Lieu, je plains tous ces volatiles.

Huitième jour :

Après un réveil en fanfare, je reprends la route en direction du Pellerin. Je passe sur des chemins qui m’amène jusqu’à l’Acheneau, un cours d’eau qui coule dans les deux sens suivant les besoins du lac de Grand-Lieu ou pour désengorger la campagne lors de crue. Malgré une autre déviation, j’arrive au bac et traverse la Loire en direction de Couëron.

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Ensuite, c’est la route du retour au bercail. Je suis pressé de rentrer mon retrouver le confort de ma maison mais je ne dois pas non plus abusé de mes forces alors je fais des pauses régulières et roule à vitesse modérée. Je fais la rencontre d’un homme qui a l’habitude de passer ses vacances aux Angles dans les Pyrénées. A la fin de l’été, il a acheté un VTT électrique à l’agence de location car, comme il m’explique, ils achètent des vélos neufs avant les vacances et les revendent à la fin de la saison. Son VTT n’a que 400 km et il va lui permettre d’aller gravir les sentiers montagneux plus facilement.

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Enfin chez moi et je ne compte pas repartir avant un moment. Ce voyage, même si j’ai découvert des nouveaux endroits, ne m’a pas apporté ce que j’attendais. Je ne l’ai pas apprécié à sa juste valeur. J’y ai connu moins de galères que lors de mes précédents voyages et pourtant, l’envie de rouler n’a jamais été au rendez-vous.

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23 octobre 2017

Départ demain

Me voilà dans les starting-block, malgré la douleur d'une côte cassée, cassée lors d'une chute la semaine dernière, je ne peux me résigner à rester tranquillement à la maison.
Les sacoches se remplissent. Je fais ma check-list et tente d'évacuer le stress d'avant départ.
Demain, je serai sur la route ! 😁

18 mai 2017

Retour du Limousin

Le retour commence avec une demi-heure de retard. Un voisin de la grand-mère de nos filles, ancien cyclotouriste, tient à nous faire voir ses deux vélos dont celui avec lequel il effectua son Paris-Brest-Paris.

Nous roulons bien, déjeunons à Ambazac et arrivons au lac de Saint Pardoux en début d’après-midi. Baignade et jeux sont au programme.

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Le lendemain, la chaleur s’invite à la fête. Nous découvrons de magnifiques petites routes qui nous permettent d’éviter Le Dorat, Montmorillon et son flot de véhicules à propulsion. Le soir, nous sommes de retour à Antigny et comme les moustiques sont absents, nous en profitons pour dormir à la belle étoile ; une première pour nos filles mais elles adorent regarder le scintillement des étoiles ( c’est autre chose que la télévision ).

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Il faut désormais composer avec la chaleur (40°C), rouler le matin, s’abriter l’après-midi et rouler de nouveau le soir pour trouver un endroit où bivouaquer. Une nouvelle dispute entache cette expédition mais elle stoppe nette lorsqu’un bruit de sifflement s’échappe de la carriole. A l’allure où nous roulons, nous aurions dû arriver à Chatellerault à onze heures malheureusement, les pneus de la carriole rendent l’âme et, dans un dernier souffle, nous échouons devant la mairie de Pasay-le-Sec. Discussion avec monsieur le maire qui arrive au même moment et nous apprend qu’il y a un Géo Trouvetou qui peut nous dépanner. Par chance, il a un vieux pneu en vingt pouces, ce qui nous permet de continuer notre route. Juste avant d’arriver à Chatellerault, à Targé, nous nous arrêtons pour nous rafraîchir et remplir les gourdes. Abel, que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam, nous ouvre les portes de son jardin (d’Eden) et nous déjeunons à l’ombre de son cerisier (merci Abel).

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Petite marche dans le centre Chatellerault pour que Tyfenn puisse se dégourdir les jambes et nous repartons à la recherche d’un vélociste qui ne soit pas fermé. Finalement, un homme assis sur le rebord d’une fenêtre, nous indique qu’il y a un étang avec de l’ombre à côté de Auchan. Direction le supermarché où je trouve deux pneus neufs pour la carriole et l’ombre des arbres de l’étang pour le reste de la journée. Nous dormons le soir à Lencloître, encore à la belle étoile.

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Les moustiques ont levé le camp et ça fait du bien. Nous pouvons donc nous arrêter sur « la ligne verte » sans trop nous faire dévorer. Nous prenons notre temps mais nous roulons aussi plus vite. Avec les fortes chaleurs, il est primordial de passer les après-midi à l’ombre. Ce jour-là, c’est sur une petite aire de repos dans Loudun. Les sacs de couchage s’étant humidifiés par la rosée matinale, nous en profitons pour les faire sécher au soleil. Petite visite de Loudun avec Sélène, une petite glace et on repart en direction de la Loire. Il est 18 heures et il fait encore 40°C. Nous prenons la départementale, roulons le plus vite possible au soleil et nous arrêtons à chaque fois qu’il y a de l’ombre pour nous rafraîchir et nous désaltérer.

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Arrivée à Montsoreau, direction le café en guise de récompense. Un panaché, un Monaco et deux diabolos menthe plus tard, nous reprenons la route pour bivouaquer à Dampierre sur Loire, au même endroit qu’à l’aller. La chaleur m’a tué, je traîne à cuisiner et à monter les tentes.

Le lendemain, nous ne partons pas avant dix heures. Les filles s’amusent au parc, madame fait la vaisselle et je plie le camp sans motivation. Une crise de mademoiselle Sélène fait trembler tout le bois et sa faune lors d’une averse orageuse. Nous attendons sous un pont, à Saumur, que le ciel se dégage avant de repartir. Comme elle prend l’habitude de rouler bon train, ces derniers jours, nous en profitons pour rallonger les pauses et laissons Tyfenn marcher à côté des vélos. Le soir, nous sommes de retour à la Daguenière, sans moustique mais aussi avec le moral dans les chaussettes ; le voyage sent la fin.

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La journée suivante est sans intérêt. Nous roulons pour rouler, pour rentrer, sans conviction aucune. Je n’ai qu’une envie, accélérer pour retrouver mon jardin et Céline, elle, veut repartir dans l’autre sens pour sortir des frontières de notre beau pays. Un manque d’inattention de la part de Sélène l‘envoie au tapis après s’être accrochée dans la carriole ; deux genoux écorchés et une nouvelle crise. Le soir, les canards s’invitent à notre table ; ils ne sont pas très sauvages lorsqu’il s’agit de manger. La Boire de Sainte Catherine est un très bon endroit pour s’arrêter bivouaquer, c’est calme et reposant (quand il n’y a pas de moustique), les habitants sont des canards, foulques, poules d’eau et ragondins (dont un albinos) et il y a des toilettes et lavabos pour tout nettoyer.

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L’avant dernière étape de ce voyage est la plus longue (95 km) et celle où il y a le plus de rebondissement. Il a suffit qu’on détourne les yeux quelques secondes pour que Sélène se gaufre de tout son long, s’écorchant, entre autre, de nouveau les deux genoux. Elle a fait ça en courant après sa sœur à la sortie d’un supermarché. Il faut plus d’une demi-heure pour qu’elle se calme.

Quelques kilomètres plus loin, nous gravissons la côte la plus pentue de notre voyage, 25 %. (Je n'ai pas réussi à récupérer la photo pourtant j'en étais fier d'avoir gravi cette côte avec la remorque, le poid de la gamine et tous les bagages.)

Nous roulons sur le canal de Nantes à Brest et par malchance, Sélène entre en collision avec un ragondin. Plus de peur que de mal mais beaucoup de peur tout de même ! Nous arrivons à la nuit tombée sur les lieux de notre dernier bivouac.

La nuit est paisible et le lendemain nous pouvons rouler tranquillement jusqu’à la maison. Le voyage prend fin.

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10 octobre 2016

Voyage dans le Limousin (en famille) partie1

Jeudi 7 juillet 2016, jour du grand départ ; le stress monte ainsi que l’excitation. Départ de l’expédition familiale : Bruc sur Aff pour arrivée à Saint Léonard de Noblat. En tout, 1 000 km à parcourir sur les routes, chemins et voies vertes de l’Ouest et le Centre de la France. La tension monte comme pour chaque voyage. J’avais prévu une révision et un nettoyage complet de chaque vélo mais j’ai fait l’impasse sur le nettoyage des transmissions ; juste avec une simple lubrification, je croise les doigts pour que ça tienne jusqu’au bout.

 

1premier arrêt au bout de 3km

 

2Eglise du Grand-Fougeray

 

Le premier jour nous mène à l’étang de la Provostière, entre la Meilleraye de Bretagne et Riaillé, sous un soleil de plomb et une atmosphère orageuse. Mon choix vestimentaire est mauvais. Mon premier pantalon craque ses coutures au niveau de l’entrejambe. Je finirai le voyage avec mon pantalon de rechange et mes collants de jogging. Première blessure pour Sélène dans un parc de jeux pour enfant qui manque de mettre un terme à notre voyage.

 

3L'étang de la Provostière

 

4Fin de la première étape

 

5Couché de soleil sur l'étang

 

Bivouac sur les bords de l’étang avec les foulques, poules d’eau, canards, grenouilles et autres volatiles et batraciens.

Le début du deuxième jour se passe très bien. Sélène roule correctement et Tyfenn reste calme dans la carriole ; elle me surprend, elle qui a un tempérament très fougueux.

 

La tour carrée d'OudonOudon

 

7Square de Champtoceaux

 

Les choses se gâtent l’après-midi. Les crises à répétition de Sélène plus les coups de soleil et ce temps orageux viennent à bout de ma volonté à continuer. Céline, égale à elle-même, se met en colère prétextant que je ne suis qu’un égoïste. Je prends sur moi et les conduits jusqu’au bivouac suivant. Ce soir-là, c’est soupe à la grimace. Ca tombe très bien, j’ai besoin de me reposer et de réfléchir. Finalement, le voyage continue.

 

8Champtoceaux, toute une histoire.

 

9Vu sur Oudon, de Champtoceaux.

 

Le troisième jour, nous suivons le parcours de la Loire à vélo. A partir de Saint Florent le Vieil, Céline découvre de nouveaux paysages. Personnellement, je trouve cette portion vague et monotone ; c’est plat, ce qui est très bien pour Sélène. Nous nous arrêtons à Ingrandes pour faire le plein de provisions et manger quelques viennoiseries sur le bord de la Loire. Les moustiques, déjà présents les jours précédents, continuent de nous piquer, même en plein jour.

 

10Notre-Dame-du-Marillais

 

11Port de la Possonière

 

12Pause à la Possonière

 

Le quatrième jour, nous abordons un aspect plus touristique de la Loire à vélo, avec le village du Thoureil entre autres, et le sentier de la rive Nord de la Loire nous menant jusqu’à Saumur. La France est en finale de l’Euro. Nous avons peur de ne pas pouvoir dormir de la nuit ; ils ont dû perdre ?!

 

13La Daguenière

 

14Bivouac à la Daguenière

 

15Un château dont j'ai perdu le nom avant Saumur

 

La communication est revenue au sein de la famille mais mon téléphone ne s’est pas rechargé correctement. Je monte les tentes et enfourche mon vélo pour le recharger avant la nuit. La pluie arrive, ce qui chasse les moustiques et met fin à mes aller-retour à vélo. J’ai peur que mon téléphone n’ait pas assez de batterie pour finir le voyage mais il n’en est rien ; un fil abîmé et réparé et mon téléphone se recharge à nouveau correctement grâce à la dynamo moyeu et le régulateur.

 

16Une pause à l'ombre bien méritée

 

17Saumur

 

18La Loire à Saumur

 

Le cinquième jour, nous nous dirigeons vers Loudun en passant par Fontevraud l’Abbaye, par les petites routes. Céline a un coup de blues en quittant l’itinéraire de la Loire à vélo et je suis persuadé que les moustiques y resteront aussi. Malheureusement, cette journée fut pire que les précédentes. Nous ne faisons quasiment pas de pause de peur de nous faire dévorer par ces sales insectes volants. Nous roulons 85 km et dînons tardivement, sur la voie verte, à une dizaine de kilomètres de Chatellerault.

 

19Arrivée sur la voie verte (la ligne verte) qui nous mènera à Chatellerault.

 

Le bruit fracassant d’un sanglier me réveille à 3 heures du matin. Je sors de ma tente. Il grogne. Je lui réponds en parlant. La curiosité s’installe. J’essaie de le voir et je l’entends se rapprocher. Je commence à paniquer. (Qu’arriverait-il s’il chargeait sur la toile de tente où dorment toutes mes femmes?) Je continue de parler et à faire du bruit. Finalement, c’est lui qui a le plus peur et s’enfuit. Je l’entends passer à nouveau deux heures plus tard mais il ne s’attarde pas.

Le sixième jour, Sélène fatigue. C’est compréhensible, nous avons fait de grosses étapes et elle s’amuse dans tous les parc pour enfants dans lesquels nous faisons halte. Je fais en sorte qu’elle canalise sa fougue pour qu’elle puisse continuer le voyage dans les meilleures conditions. Nous changeons aussi un peu l’itinéraire prévu et allons nous tremper les pieds dans le plan d’eau d’Archigny.

Les côtes que nous abordons depuis la sortie de Chatellerault fatiguent les organismes. Sur chaque sommet de colline, nous apercevons de gros nuages noirs se rapprocher. La température tombe et les averses débutent. Nouvelle crise de Sélène qui n’aime pas se faire mouiller. Je lui avais pourtant bien expliqué que les voyages aux longs courts ne se font pas toujours au sec.

Nous arrivons à Antigny sans trop nous mouiller (nous avons la chance d’avoir l’abri des arbres pendant les averses) un peu avant 18 heures, ce qui nous permet de nous reposer avant de préparer le dîner et de monter les tentes. Il se met à pleuvoir au moment où je finis de planter les sardines de ma tente. La nuit est longue et réparatrice.

 

20Enfin à Antigny

 

21Pont sur la Gartempe

 

22Ca en fait des km

 

Le septième jour, nous franchissons enfin la limite du département de la Haute-Vienne. Nous suivons la route du tour de France. Nous devons nous bivouaquer à Rancon mais tout le monde étant en forme, nous décidons de continuer notre route. Nous évitons, en plus, le bal populaire et le feu d’artifice prévus ce même jour. A Balledent, le village suivant, les premiers pleurs arrivent avec les premières ascensions. Après une pause et un petit briefing, Sélène prend son rythme au point où je peine pour la suivre. (A 9 ans, elle est capable de semer son père dans des côtes à forts pourcentage et assez longues.) Finalement, nous arrivons au lac de Saint Pardoux à 21 heures, heureux d’y être.

 

23Le Limousin, nous y voilà !

 

24Département de la Haute-Vienne, le plus dur est fait (ou reste à faire).

 

Le lendemain, nous nous dirigeons vers la plage pour une journée de repos mais la météo étant mauvaise, nous décidons de rouler en direction de notre destination finale ; Saint Léonard de Noblat. Sélène mérite grandement son maillot à pois (meilleure grimpeuse). Une journée de repos et ce sera le retour.

 

25Grand-mère, mère et filles.

 

26520 km juste pour l'aller, en seulement quelques jours, premier exploit de Sélène.

 

01 juillet 2016

380 km fini dans la souffrance

Samedi 25 juin, 2h30 du matin, je ne peux plus dormir. Normalement, je devais me réveiller une heure plus tard pour partir rejoindre une amie en Anjou pour faire une petite balade de 30 km à vélo avec un groupe du site "OnVaSortir". Qu'à cela ne tienne, je prends mon temps pour me préparer, j'enfourche mon vélo et je pars avec une demi-heure d'avance sur mon horaire prévu. Je peine à trouver mon rythme alors j'appuye un peu plus sur mes pédales et commences enfin à me sentir bien.

Au levé du jour, la température baisse. Je ne me couvre pas plus que je ne le suis; un souvêtement manche longue plus un maillot léger pour le haut du corps et un cuissard court pour le bas. Je ne réduis pas ma vitesse ni mes efforts et attends patiemment que le soleil me réchauffe.

Ma première vraie pause, je l'ai faite en traversant la Mayenne, à Grez-Neuville. J'avais toujours de l'avance sur mon horaire et si je continuais à cette vitesse, je serais arrivé au rendez-vous à 11h30. J'aurais ainsi le temps de déjeuner et de faire une sieste avant que tout le monde n'arrive, à 14h30. Ma nuit ayant été courte, seulement deux heures de sommeil, la sieste serait la bienvenue.

La balade de 30 km à vélo devait être un safari photo mais une seule photo s'enregistra sur mon téléphone et en plus, elle y restera car elle doit faire parti de mes fichiers abîmés; impossible d'envoyer par mms ou de mettre sur mon ordinateur. Ce sera donc un safari photo sans photo.

monvélo

Mon vélo version bikepacking

Après un bon pique-nique où j'avais oublié mon gâteau à la rhubarbe, je repris la route à 19h; direction la Loire et à Angers, retour à la maison. Mon but était de rouler 400 km en moins de 24 heures mais, avec le pique-nique qui s'était éternisé, j'avais pris beaucoup de retard, de plus, je me battais contre le vent. J'ai roulé aussi vite que j'ai pu jusqu'à 23h30 environ, peut-être un quart d'heure de plus mais, avant minuit, mes forces disparurent. Je roulais sur la réserve et il me restait moins de 80 km. Les jambes tenaient le coup mais je m'endormais. Je luttais pour tenir sur mon vélo mais mes paupières se fermaient régulièrement et de plus en plus longtemps. Il fallait que je m'arrête et que je me repose, que je dorme un peu avant de repartir. Il faut dire que j'ai du bol car à chaque fois que je pars sur ce genre de virée, il se trouve qu'il y a des fêtes partout; pour dormir, ce n'est vraiment pas l'idéal. Je continuais donc jusqu'à trouver, enfin, un banc au sec et à l'écart de la populasse. Je m'endormais pour un cycle de sommeil (1h30) et après quelques étirements et une petite marche pour me réveiller, je repris la route. J'avais déjà roulé 340 km et il m'en resté 40 pour rentrer. En temps normal, en deux heures, j'étais chez moi mais la fatigue me rattrapa rapidement et je dûs de nouveau me coucher.

IMG_20160626_055908

 

Halte nautique de Port de Roche

Mon dernier réveil se fit sur le bord de la Vilaine, à ce moment, il ne me restait plus que 18 km. Le soleil ayant fait son apparition, il raviva mes forces mais ce n'est pas pour ça que je battis un record de vitesse.

Du coup, il me fallu 6 heures pour parcourir les 40 derniers km. Etant parti la veille à 3h35, je mis plus de 24 heures pour ce parcours où je rentrais à 7h30.

En conclusion, je suis capable de rouler 400 km en moins de 24 heures mais cette année, c'est l'année des défis ratés !

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17 mai 2016

Flèche Limousine

En préparation de notre voyage d'été, je suis parti reconnaître le chemin que nous allons emprunter. Départ de bonne heure après un bon petit déjeuner. Les sacoches sont pleines. L'homme est motivé et le temps semble sourire à ce projet.

100_0377Petits pains au lait fait maison; ils tiendront les 4 jours de voyages.

100_0378N'ayant pu installer le low rider, j'ai enlevé les sacoches avant. Il reste la sacoche de guidon pour le petit matériel (appareillage électronique, entre autres).

100_0379Dans la sacoche de droite, le couchage et des habits de rechange, dans celle de gauche, les victuailles et au milieu la tente qui a passé 1 000 km accroché sur le porte-bagage sans en bouger.

 

1er jour : Bruc sur Aff - Cussay (292 km)

 

Je suis parti sur des routes que je connaissais bien, des rêves plein la tête, pressé d'être déjà au moins 100 km plus loin. Le temps ne semblait pas bouger. Le vent ne voulait pas m'embêter. L'idylle pouvait commencer !

 

IMG_20160512_111955Première halte

Pour notre première halte de cet été, deux options s'offre à nous. Il faudra que j'y retourne pour étudier ça de plus près. Ce n'est qu'à 70 km de la maison, ce n'est pas trop loin. De ces deux options, le choix de l'itiniraire du jour suivant se jouera. J'aurais peut-être un peu plus de km à pédaler pour trouver le meilleur itinéraire mais comme ça me fait prendre l'air, ça me donne le sourire.

A l'approche de la Loire, le temps devient plus menaçant. Des gouttes d'eau se font sentir; la pluie s'inviterait-elle au voyage ???

IMG_20160512_124716Un vélo pour géant ;)

IMG_20160512_125918Saint Florent le vieil vu du côté de Varades

IMG_20160512_131304Pause déjeuner à Saint Florent le Vieil

J'avais décidé de déjeuner sur les bords de Loire. Il était 13h lorsque je traversa celle-ci. J'avais déjà essuyé quelques petites averses. En fait, elles étaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que je m'approchais de la Loire. J'eus de la chance de déjeuner au sec car il a plu avant mon arrivée et il a plus quand je suis reparti.

IMG_20160512_134559Ingrandes

La Loire m'a vu naître, elle m'a vu grandir et j'espère qu'elle me verra aussi mourir. Elle et moi, c'est une grande histoire d'amour. Je ne me lasse pas d'admirer ses paysages magnifiques. C'est un passage incontournable lors de mes voyages; que ce soit à sa source ou son estuaire.

IMG_20160512_152335Au sud d'Angers; dépaysement garanti et surtout un havre de paix pour qui veut s'éloigner du tumulte de la ville.

IMG_20160512_175528Option Loire à vélo par la rive nord de la Loire.

IMG_20160512_181023Toujours les bords de Loire; s'il n'y avait pas la route avec le passage des voitures juste au dessus, on se croirait ailleurs, dans une autre contrée, un autre monde ...

Je remonte encore et encore la Loire, me rappelant les souvenirs de mes anciens passages et repère les lieux de bivouac que j'ai coché sur la carte. J'en enlèverai un qui trop près d'un camping.

Je traverse le sud d'Angers (les parties routières) en accélérant. Je n'aime pas l'excitation citadine, elle me stresse. La pluie reste fine mais bien présente. Je suivrais bien les panneaux de la Loire à vélo car c'est par là que nous passerons. Je repère les points d'eau, les toilettes et les boulangeries (non, je ne suis pas gourmand !!!)

A Gennes, nous nous ravitailleront pour le bivouac du soir que nous ferons de l'autre côté de la Loire, à Rosière sur Loire. Il y a un parc pour enfant et ensuite, nous pourrons nous installer tranquillement sur les bords de Loire avant de reprendre notre route ... Le chemin suit la Loire jusqu'à l'entrée de Saumur. Ce fut un plaisir de le découvrir car oui, je découvrais la rive nord de cette partie de la Loire. Mon côté VTTiste s'est bien amusé pendant ces km de sentiers de sable, cailloux, herbes, terre, boue et pavés (cette été, avec la remorque, ce sera plus délicat à aborder).

Saumur, je traverse sans me tromper de route, pour une fois. Je fais un repérage rapide. Nous nous attarderons plus longuement cet été et je connais cette ville depuis mon plus jeune âge (même si je m'y perds toujours). Je continue le long de la Loire. Si j'ai bien calculé, nous n'aurons pas plus de 2 km de route à partager avec les voitures mais ça nous évitera de grimper dans les coteaux. Nous aurons notre lots d'ascensions dans le Limousin.

Je m'arrête à Savigny en Véron pour dîner. Il doit être 20h ou 20h30, 220 km au compteur. Deux choix s'impose à moi; rester sur place, me reposer et repartir frais et dispo demain ou continuer. Seulement 220 km au compteur ... J'avais prévu 250 km minimum par jour. Je crois que ce fut ma première erreur; reprendre le vélo et rouler jusqu'à ce que la nuit m'enveloppe de son sombre manteau et la pluie me transforme en serpillière.

En traversant Chinon, j'ai pu apprécier son architecture. Il est clair que nous allons y passer quelques heures cet été ...

La nuit est là, accompagné de dame pluie et monsieur vent. Je suis sur une terre inconnue. Je ne trouve pas d'abri et donc j'hésite à sortir ma carte. Je finis donc par me tromper de route. Je n'aime pas faire demi-tour. Je prends une petite route pensant rattraper mon itinéraire. Ca descend dure. Je croise les doigts pour ne pas avoir à la remonter. Debout sur les freins, je viens d'atterir dans un chemin de terre. Le vélo part de travers. Je contrôle, crie intérieurement. Je ne veux pas me payer cette côte descendue si vite. Je suis curieux. Je continue sur le chemin, de nuit, sous la pluie. Il mène bien quelque part ??!!! Il débouche sur une route. Je prends à gauche puis aperçois des panneaux derrière moi alors je fais demi-tour. Ce que je lis sur ces panneaux à remonter des souvenirs datant d'un an, quand je commençais à dessiner l'itinéraire de ce futur voyage à vélo en famille en Limousin. Je ne suis jamais venu auparavant mais comme je m'étais penché sur la possibilité de prendre les circuits locaux pour éviter les grands axes, je découvris avec bonheur que j'allais dans la bonne direction. Bon, j'aurais dû continuer tout droit en arrivant à Sainte Maure de Touraine mais parfois, je ne contrôle pas tout ce que décide mon cerveau. Il ne doit pas être loin de minuit et je trouve un couple en train de fumer leurs clopes sous le porche de leur maison, je suis dans une impasse donc voir un randonneur à vélo passer devant chez eux les a surpris un peu mais j'ai tenté ma chance et grâce à eux, j'ai retrouvé ma route. Même en retournant sur mes pas, je n'arrivais plus à me souvenir d'où je venais; la fatigue oeuvrait !

A chaque village, je cherche un abri. A Sainte Maure de Touraine, il y avait trop de lumière et surtout trop de gens éveillés. Village après village, je ne trouve pas d'abri où je pourrais passer la nuit et pourtant, je peine à rester en équilibre sur mon vélo. La tenue de pluie m'a donné chaud mais à chaque coup de vent, le froid me glace les muscles. Cussay, je tourne et retourne dans les rues du village. Un seul abri de bus avec un banc même pas assez grand pour que je m'y allonge. Je m'y installe quand même. Je serais dérangé la pluie, les rafales de vents, les quelques voitures et camions qui passaient par là. Finalement, même si j'y suis resté 2h30, j'ai dû me reposer seulement 10 minutes.

 

2ème jour : Cussay - Saint Léonard de Noblat (260 km)

Il est 4 heures du matin quand je repars tout mouillé et à peine reposé de la vielle. Direction le Grand Pressigny où débute une véloroute devant me mener à Le Blanc sur "la voie verte" (c'est son nom).

IMG_20160513_061142L'Aigronne au point du jour; le Grand Pressigny.

Si j'avais roulé 13 km de plus, j'aurais trouvé refuge au Grand Pressigny mais fallait-il le savoir ...

Je suis sur la soit disant véloroute qui, en fait, est intégrée dans plusieurs boucles de vélo promenade locales; d'abord la 11, ensuite la 6 et ... Je me suis perdu. J'ai fini par activer ma connexion internet et remarquer que j'étais à plus de 10 km de la voie verte que je cherchais. Je décide de couper et de la rattraper plus loin mais toutes les routes menant à ma destination sont barrées. Grrr !!! Pluie, vent, voitures ... Je me retrouve sur une départementale roulante pour retourner sur Le Blanc. Je récupère finalement la voie verte. Jusqu'à Ruffec, c'est un revêtement roulant qui me permet de me reposer tout en pédalant mais après, trous et cailloux viennent accroître ma fatigue. A Ciron, je vois enfin une boulangerie (nombre de villages traversés se trouvent orphelins de boulanger, c'est dur pour le voyageur affamé ou qui veut se remonter le moral avec une petite gourmandise). J'ai fait mon gourmand, j'ai englouti deux pains au chocolat, un pain suisse et un pain au raisin; j'ai abusé !

IMG_20160513_083331"la voie verte" avant Le Blanc.

"La voie verte", je l'ai trouvé avant Le Blanc, à Tournon-Saint-Pierre, pas sans difficulté ... Je l'ai quitté à Pouligny-Saint-Pierre pour essayer de trouver une boulangerie et c'est à ce moment où j'ai commencé à pendre la mauvaise direction. Mais, je l'ai reprise à Le Blanc. Sur la photo, on verrait presque la pluie tomber. C'était risqué de sortir le téléphone avec cette pluie mais je voulais cette photo.

IMG_20160513_121907Saint Gaultier et la Creuse, avant d'arriver à Argenton sur Creuse.

IMG_20160513_121921Dernier pont traversant la Creuse et fin de la voie verte.

Arrivée à Argenton par des petites routes que je ne connaissais pas. Franchement, elles valaient le détour. Je n'ai pas pris de photo voulant laisser la surprise de la découverte à ma petite famille cet été mais nous n'y passerons pas. Cette "voie verte" est affreuse. Elle est parfaite pour le baroudeur que je suis mais quasiment impraticable pour une famille avec carriole et jeunes enfants. J'y retournerai peut-être pour prendre des photos ...

Sorti d'Argenton par une départementale fréquentée, direction Eguzon et le début des festivités. Première vraie ascension ! Je suis fatigué, crevé, mort et pourtant, j'ai le sourire au lèvre, le soleil au coeur (malgré la pluie qui tombe toujours) et j'avale cette pente avec bonheur malgré la charge de bagages.

IMG_20160513_145956Crozant

Arrivée à Crozant, je fais une pause; d'abord photo puis pour me restaurer. Crozant devait être un passage obligé pour cet été mais il n'en sera rien. C'est un détour trop périlleux pour une famille.

Je repars donc en direction de La Souterraine par les petites routes. Les jambes ont mal, très mal et ça grimpe. La pluie redouble d'intensité. Je cherche des abris mais apparemment, dans le Limousin, les abris, ils ne connaissent pas. Mes freins lâchent dans une descente. Je les tourne, les bricole et repars. Je vois la gomme partir à vitesse grand "V". Vont-ils tenir ? J'ai aussi compris pourquoi ils ne coûtaient pas chers quand je les ai acheté. Quand je rentrerai, je mettrai de nouveaux patins de freins plus de haut de gamme ... Si je rentre !

La pluie, la fatigue, les freins, les pneus qui n'aiment pas la pluie et les parties grasses de la route me font perdre tout cet engouement que j'avais à venir en Limousin pour enfin me faire quelques ascensions et quelques descentes de malades.

Je suis trempé jusqu'au os mais le pire, c'est qu'à mon dernier arrêt, j'ai mal remis le bas de mon pantalon de pluie et toute l'eau a coulé dans mes chaussures. Il me reste 600 km à faire avec les pieds humides. J'aime les galères en voyage mais celle-là, je m'en serais bien passée. D'ailleurs, elle me portera préjudice bien plus tard, à 10 km de chez moi, où un mal de pied m'empêchera de continuer de pédaler (après un km à marcher à côté du vélo, je pus remonter sur mon vélo et rentrer)

A La Souterraine, je me refugie sous le porche du bâtiment du cirque Valdi. La pluie tombe drue et n'a pas l'intention de s'arrêter. Je mange un peu, essaie de me reposer malgré le flot incessant de voitures et prends mon courage à deux mains pour remonter sur mon vélo. Je connais La Souterraine, je prends donc les toutes petites routes pour en sortir mais là, des voitures y circulent. A La Souterraine, tout se fait en voiture ...

Bénévent l'Abbaye, je trouve un refuge juste à côté de l'abbaye, à l'abri des regards mais, malheureusement, la toiture est en très mauvaise état et je ne pourrais pas y passer la nuit. Après avoir dîner, je décide donc de reprendre la route. Dommage, que cette pluie m'est mis le moral dans les chaussettes (trempées) car c'est la partie de ma virée que j'attendais, j'allais enfin avoir du dénivelé.

La pluie, toujours la pluie ... Grimper n'est pas toujours chose aisé pour le cycliste. Lorsqu'on rajoute des bagages, on augmente la difficulté et on doit développer plus d'effort alors lorsqu'on a une tenu de cosmonaute, le corps surchauffe rapidement. Il a fallu que je régule au mieux mes efforts si je voulais continuer et comme je ne voulais pas rester au milieu de nulle part sous la pluie, j'ai levé le pied dans les ascensions et j'évitais de prendre trop de vitesse dans les descentes; pour éviter de prendre froid, parce que mes freins ne freinaient presque plus et mes pneus glissaient toujours autant.

Arrivée à Champtnétry, je devais passer la nuit chez un ami mais minuit sonnait que je passais devant chez lui et il dormait alors je suis parti à la recherche d'un endroit où passer ma nuit. Finalement, je dormirais sous le square de Saint Léonard de Noblat, enfin, sur ses marches, le seul endroit de sec et à peu près protégé du vent lorsqu'on s'y allongeait. J'ai réussi à dormir deux cycles d'une heure et demi, avec un réveil entre les deux, ce qui me permis de récupérer suffisamment pour reprendre la route à petite vitesse.

 

3ème jour : Saint Léonard de Noblat - Thuré (169 km)

Direction Ambazac, à jeun. Pourquoi à jeun ? Je voulais tester et je n'avais pas envie de déballer mes affaires ! Arrivée à Ambazac, j'ai dû faire une pause de 5 minutes sinon je m'écroulais. Je me mis ensuite à la recherche d'une boulangerie; une envie de pain au chocolat et pain au raisin. Même à Ambazac, les boulangeries artisanales ont fermé mais, malheureusement pour eux et heureusement pour moi, une boulangerie industriellement y a ouvert ses portes. Les prix sont moindres mais la qualité aussi. Du coup, je me suis arrêté dans une supérette pour m'acheter une gâche aux pépipes de chocolat et deux tablettes de chocolat noir aux noisettes. Comme j'avais une heure à battre avant l'ouverture de la superette, j'en ai profité pour nettoyer les dégâts causés par la pluie et le bicarbonate de soude (j'emmène toujours un flacon de bicarbonate de soude avec moi car ça sert à tout mais à chaque fois, le flacon s'ouvre, pourtant ils sont durs à ouvrir). Le régulateur USB2BYK tout neuf et les accus ont morflé. J'enrage ! Du coup, mon téléphone ne se chargera plus correctement et pire, il se déchargera. Il succombera après Angers ! (Je l'ai ressuscité en arrivant chez moi.)

IMG_20160514_071436Le Taurion, après Saint Martin Terressus

Nous sommes samedi. Météo France avait annoncé des éclaircies. Entre 8h et 9h, j'ai aperçu le soleil mais à 9h, il s'est remis à pleuvoir. Je voulais aller mettre les pieds dans l'eau au lac de Saint Pardoux, ce sera pour une autre fois. D'ailleurs, il n'y avait pas un chat ... C'est rare !

IMG_20160514_120323Traversée de la Gartempe.

IMG_20160514_120334La Gartempe

IMG_20160514_130209Arrivée à Le Dorat

IMG_20160514_130655Collégiale Saint Pierre

IMG_20160514_130708Colégiale Saint Pierre

IMG_20160514_130715Collégiale Saint Pierre

IMG_20160514_131313Le Dorat, l'Ostension

IMG_20160514_131346Le Dorat, parement des entrées pour l'ostension.

Je continuais ma route sur le retour avec la sensation d'oublier quelque chose. J'avais envie de plus mais je ne pouvais pas. La fatigue m'a empêché de réfléchir correctement et finalement, je rentrais. Où était passé l'aventurier ?

Je continuais tout de même ma mission première, faire du repérage pour le voyage de cet été. Mais il faudra que j'y retourne car la départementale qui relie Le Dorat à Montmorillon est trop fréquentée et puis, passer par Bourg Archambault serait plus intéressant sur beaucoup de points.

IMG_20160514_151612Haims

IMG_20160514_173318Histoires et contes sont au rendez-vous dans ce pays.

IMG_20160514_191541La Puye

Je m'inquiète pour mon téléphone. Plus j'avance et plus il se décharge. Combien de temps va-t-il encore tenir ? Bientôt Chatellerault, je décide de débrancher le téléphone du régulateur et de laisser uniquement les accus se charger, une fois arrêté, je rebrancherais mon téléphone en arrêtant toutes les applis gourmandes.

J'arrive à Chatellerault par les petites routes et les panneaux m'indiquent la direction des grands axes ou un centre commercial. Il y a une autre direction où rien n'est indiqué mais ma curiosité ne m'y pousse pas. Je comprendrais, après être passé devant le centre commercial et les cités de Chatellerault que c'était la direction non indiquée qu'il fallait prendre. D'ailleurs, il faut aussi chercher pour trouver la voie verte. Je l'ai empruntée à Besse, quelques km après Chatellerault car je ne l'ai pas trouvée avant et encore, rien ne l'indiquait. Chouette voie !!! Il y a des aires de pique-nique avec des parking à vélo. Au bout de plusieurs km, je décide de m'arrêter et de dîner. La fatigue étant de retour, je décide de sortir mon duvet et je m'allonge dans l'herbe, sur le bord de la voie verte. J'avais décidé de repartir après m'être reposé mais j'étais tellement bien que, finalement, j'y suis resté. Je me suis couché avec un ciel gris, en croisant les doigts pour qu'il ne pleuve pas car j'avais étendu mes chaussettes et je me suis réveillé avec des étoiles plein les yeux. Je me suis rendormi et réveillé quelques heures plus tard avec toujours autant d'étoiles dans le ciel. J'étais heureux. Il faisait frais, j'étais au chaud dans mon duvet. Les étoiles m'émerveillaient et les sons de la nuit me berçaient. Je me levais juste avant l'aube et repris le vélo au point du jour.

 

4ème jour : Thuré - Bruc sur Aff (271 km)

 

IMG_20160515_070932La voie verte aux alentours de Monts-sur-Guesnes

IMG_20160515_070940La même voie verte

IMG_20160515_073947Séchage des chaussettes sur cornes de guidon et porte-bagage

IMG_20160515_075004Toujours la voie verte avec du soleil

J'ai merveilleusement bien dormi. J'ai repris la route avec le soleil. Le moral revenait mais j'avais lâché l'idée de continuer mon repérage. Je ne voulais plus qu'une chose, rentrer à la maison. J'ai donc continué la voie verte jusqu'au bout et j'ai ensuite pris la route, jusqu'à Loudun dans un premier temps où je me suis arrêté pour m'acheter mes tablettes de chocolat et de la brioche aux pépites de chocolat (non, je ne suis pas gourmand); j'avais envie de fruits aussi mais dans la nuit, j'ai perdu une des maigres piécettes que j'avais et du coup, je me retrouvais avec très peu de monnaie, il fallait donc faire un choix entre les fruits et le chocolat (non, je ne suis pas gourmand).

Après Loudun, Montreuil-Bellay par la départementale; c'est fou ce que ça peut faire du bien de rouler sur une route avec un bon revêtement. Juste avant Montreuil, je me suis arrêté dans des toilettes publiques pour me changer; j'allais enfin pouvoir rouler en tenue légère ! (Vive les coups de soleil à l'arrivée !)

Je voulais continuer par la grande route jusqu'à Angers mais finalement, je pris la décision de bifurquer en direction de la Loire à Montreuil, malheureusement, je me suis trompé de sortie et je me suis retrouvé sur la route de Saumur, un dimanche ensoleillé, l'horreur en terme de circulation. J'ai repris les petites routes jusqu'à Gennes où j'ai déjeuné avec l'histoire.

IMG_20160515_124340Dolmen de la Magdeleine (déjeuner avec l'histoire)

J'envoyais mon dernier message (texto). Mon téléphone venait de passer en mode économie d'énergie. Je reprenais les bords de Loire jusqu'à Bouchemaine (Angers). Il y avait du monde partout et aussi des vélos (passage obligatoire de la Loire à vélo). Je n'aime pas le monde mais je devais me restaurer avant de repartir. Mon téléphone s'arrêtera quelques km plus loin. Là encore, je pris le chemin le plus court pour rentrer chez moi, la départementale et pour un dimanche, je trouvais qu'il n'y avait pas trop de voitures. J'appris le lendemain que nous étions le lundi de la Pentecôte (ceci expliquait cela).

J'entrais dans un mode automatique (ou presque, l'un de mes accoudoir de mon cintre triathlon venait de casser). Pédalage en rythme suffisamment soutenu, le nez dans le guidon, mon but était de rentrer.

Dernière pause à Candé; j'ai cru à un moment que je ne serais pas chez moi avant 23h et finalement, je roulais à un bon train. J'ai même cru que j'allais rentrer à 21h ou 21h30 mais une pédale se bloqua. Un galère de plus; ça roulait trop bien pour durer. Je suis passé du mode cycliste au mode mécanicien en un rien de temps, ça m'en a même surpris. D'habitude, je tourne en rond à réfléchir et en espérant que ça se fasse tout seul avant de m'y mettre mais là, je posais mon vélo par terre, sorti mes outils (je n'avais pas ma clé pour démonter les pédales alors je l'ai laissée sur sa manivelle). J'ai démonté le contours de la pédale (je me disais à ce moment que si mon téléphone avait encore fonctionné que je me serais amusé à prendre des photos pour faire un petit tutoriel), enlevé le capuchon de mon roulement (je pensais en chier mais il est venu tout seul) et j'ai remarqué que mon contre écrou s'était desserré, du coup, l'écrou principal s'était resserré contre le roulement, ce qui empêchait la pédale de tournait. Je n'avais pas les outils adéquates mais la pédale fut gentille et elle s'est laissée faire. Je suis reparti et j'avais mal aux jambes; mal un peu par l'effort consenti mais surtout par les coups de soleil. Le soleil qui m'avait donné de son énergie pour que je puisse rouler plus vite, me grillait la peau comme si j'étais un poulet qu'il voulait engloutir pour son dîner.

En parlant de dîner, je sautais le mien intentionnellement pour me préparer des crêpes au chocolat en arrivant mais pour cela, il fallait arriver vite, très vite. Les 40 derniers km, je passais sur du gros braquet et je tournais les pédales à environ 90 tours minute. Il me fallait rouler vite, très vite et l'idée de manger de bonnes crêpes au chocolat me motivait amplement. Et pis, je me suis posé une question : vais-je tenir ce rythme 40 km ? J'ai repensé aux crêpes au chocolat !

Arrivée à la Vilaine, il ne me restait que 18 km à parcourir. J'avais mal aux jambes et le soleil venait d'enfiler son pyjama. Il fallait que je rentre avant qu'il ne se mette au lit mais il bu sa camomille et parti se coucher. Aussitôt au lit, aussitôt il tira les couvertures à lui. Un vent glacial vint me rappeler que j'avais mal aux jambes et que j'avais encore les pieds mouillés. D'un coup d'un seul, le vélo se stoppa. Je mis pied à terre. Mes crêpes au chocolat venaient de s'évanouir. Il m'a fallu marcher un bon km pour réchauffer mes jambes et enlever la douleur à mon pied causé par l'eau et l'appuie sur la pédale. Quand je remontais sur mon vélo, je n'arrivais plus à avancer mais je réussi à rentrer un peu avant 22h30, heureux d'être enfin à la maison.

Conclusion

Je vais devoir repartir pour finir le repérage du trajet du voyage de cet été mais ce coup-ci, par beau temps et non sous la pluie. Je partirai en mode bikepacking, c'est-à-dire, moins de bagage pour être le plus léger possible (juste une sacoche de porte-bagage et mon duvet). Légèrement rimant souvent avec rapidité, j'en profiterais peut-être pour me lancer un nouveau défi (300 ou 400 km d'une traite).

Ne plus faire confiance à météo France !!!

Dans l'ensemble, je me suis amusé et j'ai vu de très beaux paysages et c'est surtout pour ça que je pars à vélo, pour les paysages.

J'ai roulé 1 000 km en 4 jours.

Refaire le Limousin par beau temps pour aller m'éclater sur ses "petites pentes" !

 

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20 janvier 2016

Flèche ligérienne

Samedi matin, 9h, j'enfourche mon VTT pour un petit retour sur les bords de Loire, histoire de faire remonter d'agréable souvenirs ...

Il faisait froid et les routes glissantes ne purent s'empêcher de me faire comprendre que mes pneus ne suportaient pas ces températures si basses ... Le souvirage à vélo, c'est ... Comment dire ... Le truc qui vous réveille si vous ne l'étiez pas avant. Du coup, en passant dans certaines villes, comme le Grand Fougeray, on me regardait bizarrement car je prenais mes virages bien large.

IMG_20160116_103654première pause pipi, mon vélo me semble bizarre, je l'ai encore modifié.

Avec le soleil, la route fut plus agréable à parcourir sur les vallons de Loire-Atlantique. Je suis repassé par tous les endroits où j'ai vécu et ai remarqué tous ces changements qui souvent, détruisent la beauté naturelle de l'environnement. Je trouve que ça manque de plus en plus de chaleur et de vie, nos contrées, aujourd'hui.

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Deuxième pause, étang des Provostières, l'une des réserves d'eau du canal de Nantes à Brest et aussi notre première halte de notre futur voyage à vélo familiale, l'été prochain.

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Riaillé, vu des hauteurs.

J'ai remarqué, avant d'arrivée sur les bords de Loire, que la campagne, à l'approche des agglomérations en développement, devenait une véritable décharge. On trouve de tous dans les fossés bordant les routes; animaux morts, sacs plastiques, emballages en tout genre, vieux matelas, fringues, polystyrène et j'en passe. Mais le pire, ce sont les menus McDo qui sont jetés directement depuis la fenêtre des voitures; en 200 km, je n'avais pas assez de doigts sur mes deux mains pour les compter.

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le pont d'Ancenis

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La Lune voulait se mêler à la fête.

J'étais heureux d'arriver mais là encore, les changements me firent déchanter. Les pistes cyclables ne sont pas entretenues comme elles le devraient, pire, certaines qui avaient une enrobée, se retrouvent nues. Je me souviens du roller que je faisais avec ma compagne enceinte à l'époque ... Maintenant, il faudrait patiner sur la route et encore, les automobilistes ne veulent pas la partager leur route; après plusieurs queues de poisson, je me suis dit que ce n'était plus une coïncidence, ils ne veulent pas de cyclistes sur les routes. (en quelques années, la mentalité a bien changé)

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La Loire à Ancenis

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Le château de Champtoceaux

IMG_20160116_145032L'église de Oudon, je voulais aussi prendre la tour sur sa gauche et qui fait sa réputation mais mon appareil s'est éteint à ce même moment.

A partir de là, ça sent bon le retour. Il fait froid et je me suis trop couvert, du coup, je transpire au moindre effort et le froid me glace ensuite ... Bizarrement, ici, les cyclistes croisés ne veulent pas me rendre mon salut; serait-ce à cause de mon drôle d'engin ?

Commençant à en avoir marre des voitures, je décide de me rallonger un peu et de prendre le canal de Nantes à Brest. Après avoir bavé devant les 4 boulangeries de Nort sur Erdre, je m'engage sur le halage, pour 80 km.

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100_0235Il y a des passages interminables sur le canal, de longues lignes droites mais c'est plus agréable de pédaler ici que dans le flot de véhicules que l'on retrouve même sur les toutes petites routes. La voiture est devenu envahissante ...

Il faudrait vraiment que j'investisse dans une Go-Pro. Juste avant la tombée de la nuit, j'ai failli être victime d'un accident de la circulation. Deux biches toutes guillerettes, ont failli me renverser pour aller plonger dans le canal. Une fois sur l'autre berge, l'une des deux s'est retournée et m'a regardé d'un air surpris avant de détaller sans demander reste.

Un peu plus tard, une lumière s'approchait dans la nuit qui était finalement tombée. Je croyais qu'un autre cycliste tentait l'aventure canal de nuit mais en fait, c'était une jeune fille avec un panier. Pas très loin derrière, un couple de renards semblaient flairer une piste. Etait-ce l'odeur de victuailles qu'il y aurait pu y avoir dans le panier de la demoiselle ? Toujours est-il qu'ils ont détallé en me voyant.

Guenrouet, Enfin, il ne me reste plus que 60 km. J'étais pressé de rentrer mais l'aventure n'était pas fini. J'allais suivre l'Isaac qui fut en crue encore quelques jours auparavant et je m'en aperçus rapidement. Mon Dakar commençait. Entre Guenrouet et Fégréac il y a un nombre de km assez important et quasiment aucune route pour sortir du halage ... Après avoir porté mon vélo pour passer par dessus un arbre tombé en travers du halage juste après Blain, j'allais batailler pour tenir mon vélo en évitant les branchages et troncs charriés par la crue et me barrant le passage. Maintes fois j'ai failli finir dans l'Isaac, roulant sur une portion large de 50 cm, avec de l'eau de chaque côté et des rats qui attendaient le dernier moment pour me laisser passer. Je tenais fermement le guidon de mon vélo pour éviter de dévisser avec une crainte, devoir faire demi-tour à cause de la crue. Frayeur; les deux roues sont dans l'eau ... Ouf, ce n'était que sur quelques mètres ... Je recroise les doigts, écoute les bruits de la nuit, essaie de me repaître du paysage éclairé par la multitude d'étoiles et continue d'avancer. Enfin Fégréac, je vais pouvoir dé-stresser avant de reprendre la route à Saint Nicolas de Redon.

12 heures après mon départ, je suis à nouveau chez moi, prêt à repartir. 220 km pour retracer une partie de mon passé en me disant qu'il faudrait que je m'équipe mieux pour mes voyages hivernaux mais comme je me dis ça à chaque fois ...

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06 janvier 2016

Petite balade nocturne à vélo

Plutôt que de regarder la télé, lorsque la météo commence à retenir ses pleurs, j'enjambe mon vélo quelque soit l'heure et je pars sur les routes de campagne.

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Pipriac de nuit, pris avec mon smartphone, la qualité n'est pas excellente mais je tenais tout de même à vous faire partager ce petit moment où la population est chez elle et où ces lumières égaient le passage du randonneur.

IMG_20160104_214028Parfois, je me dis que je devrais vraiment investir dans un vrai appareil photo mais la commune de Sixt sur Aff ne m'en voudra pas de cette photo un peu flou.

Equipez-vous, éteignez votre téléviseur et sortez vos montures, la nuit, les paysages sont diférents mais tout aussi magnifique que le jour.

Bonne randonnée !

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04 décembre 2015

Défi n°3 réussi !!! (2/2)

Jeudi 22 octobre, 9h, il pleuvait. Météo France était toujours aussi peu fiable. J'hésitais, je tournais en rond et, finalement, je décidais de partir. Il était 10h lorsque j'enfourchais mon vélo pour rentrer. Il ne devait ni pleuvoir ni venter. La pluie s'invita à la fête et le vent décidait qu'il ne m'aiderait pas dans mon initiative de rentrer le plus vite possible mais en plus, il faisait tout pour me retenir.

Pour éviter le flot de véhicules des grandes routes que j'avais pris à l'aller de nuit, je décidais de partir à travers les côteaux de la Loire pour atteindre son rivage le plus vite possible. Billy, Méhers, Couddes, Choussy, Pontlevoy, Vallières-les-Grandes, le nez dans le guidon en entamant sévèrement mes réserves, il ne me restait que quelques kilomètres pour rejoindre les bords de Loire à Mosnes et je faisais ma première pause. Un ou deux biscuits à la figue, quelques gorgées de ma boisson de l'effort et je reprenais ma route. A Mosnes, la pluie avait presque disparu et le vent ne semblait pas pouvoir atteindre la D751. J'en profitais pour rouler à bonne allure jusqu'à Amboise et, magré un chrono qui dépassait tout juste les 25 km/h de moyenne pour 80 kù, je dus refaire le plein de mes bidons.

"Jamais je ne rentrerai, me disai-je."

80 km à cette allure et contre le vent, la machine (mon corps) allait finir par craquer. Il fallu attendre le 268ème km pour cela.

Amboise-Tours en mode automatique, j'appuyais seulement sur les pédales pour continuer d'avancer, les bras sur le guidon triathlon, me mettant de temps à autre en danseuse pour diminuer les bobos au fessier. Arrivée à Tours, déviation. Je n'allais plus avoir la Loire à mes côtés. J'entrais dans la ville avec son flot de véhicules enragés. Après quelques courses avec des conducteurs qui ne comprenaient pas qu'un vélo était bien plus rapide qu'eux en ville, je finissais par trouver la petite rue qui m'emmenait vers Berthenay. J'aurais pu filer jusqu'au bout de la route pour découvrir le Cher se jetter dans la Loire mais je préférais bifurquer sur Savonnières et, après un passage infructueux sur "la Loire à vélo", reprendre la D7.

Rigny-Ussé, je m'y arrêtais pour faire le plein et manger.

Petite anecdote : un homme agé va aux toilettes, fait son affaire et retourne dans sa voiture où sa femme l'attend. Tout heureux, il lui raconte que je suis en train de jouer au  petit chimiste en préparant mes bidons et sa femme lui rabat très vite son caquet en lui disant que ce n'est sûrement que de la poudre acheter dans le commerce que je mélange à l'eau. (Pauvre homme !)

Au moment où il est passé, je mélangeais du bicarbonate de sodium et du sucre dans mes bidons pour être sûr d'aller assez loin avant de m'effondrer. (Oui, monsieur, je jouais au petit chimiste.)

A partir de là, j'allais remettre le nez dans le guidon, passer devant la centrale nucléaire de Chinon à l'heure de la débauche, (je n'ai pas vu Homer Simpsons) et même traverser Saumur presque sans encombre (hormis un petit détour d'un kilomètre). J'allais traverser la Loire à Saint Rémy la Varenne et reprendre la même route qu'à l'aller, sans le détour de 10 km.

Km 268, le compteur affichait encore 25 km/h de moyenne. J'étais fier de moi mais c'était aussi le début de la fin. Ici, à Chazé sur Argos, commençait un retour au-delà de mes forces. Je pris mon temps pour manger et me reposer mais avant de repartir, il apparu, brillant de mille feux. Un cycliste arrivait au même moment que 22 heures sonnaient. Au moins six phares éclairaient l'avant de son vélo. Lui-même était recouvert de la tête au pied de jaune réfléchissant; celui qui ne le voyait pas était aveugle.

Le monsieur avait 66 ans et revenait de Segré où il avait rempli deux caisses de provisions. Il était à bout de souffle mais lui, il arrrivait chez lui alors qu'il me restait 90 km à parcourir. Après m'avoir raconté ses déboires avec son voisin, qu'il avait appelé les flics qui lui ont fait enlever sa voiture en panne, nous nous saluâmes et je repris ma route.

Je réussis à rallier Louisfert, à la manière d'un zombie à vélo et en faisant très peu de pause et je décidais, à ce moment, de prendre la nationale pour pouvoir continuer en mode automatique. Je n'atteignais pas Lusanger. Je dus m'arrêter un ou deux kilomètres avant pour me soulager, manger et essayer de me réveiller. Je regardais l'heure et me disais que si je rentrais avant une heure du matin, j'aurais une bonne nuit et j'aurais réussi à rouler 360 km en 15 heures. Je repris la route. Sur le plat, j'avançais bien mais le plat ne dura pas et plus je m'approchais de mon but et plus il y avait de dénivelés.

Grand-Fougeray, je m'arrêtais aux toilettes, à côté de l'église. Le coeur s'affolait. La température de mon corps s'élevait dangereusement. A ce moment, je me serais bien allongé sur ce petit muret où j'avais apposé mon vélo mais j'eus peur que la mousse humide, qui s'étendait sur le muret, ne rende le reste de mon voyage encore plus pénible qu'il ne l'était. Il ne me restait que 30 km ...

Je repartais pour la partie finale de mon périple. Je ne sais plus comment le vélo avançait mais les roues tournaient; très lentement dans les montées et un peu plus vite dans les descentes, dans lesquelles je freinais car j'avais beaucoup de mal à garder le vélo droit et en équilibre. Je ne sais plus si j'avais mal mais je souffrais et finalement, j'arrivais, anonyme, dans cette nuit où tout le monde dormait. Il était 3h du matin, je n'avais qu'une envie, dormir mais je rangeais un peu mes affaires, mangea, me déshaltéra avant d'aller me coucher.

Conclusion en chiffre :

360 km en 17h soit 21 km/h de moyenne

Sur le compteur s'affichait :

360,94 km pour une moyenne de 23,8 km/h et mon record, 25 km/h pendant 268 km.

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05 novembre 2015

Défi n°3 réussi !!! (1/2)

Après deux essais infructueux, je décidais de partir rendre visite à ma cousine en mode léger, avec mon dernier V.T.T. aménagé pour l'occasion; sacoche sur porte-bagage extensible à 11 litres, sacoche triangle pour les outils et trois portes bidons.

100_0041Après avoir déjeuné, je finissais les préparations, ma concentration et enfourchais mon vélo. Je profitais des premiers kilomètres pour me chauffer les muscles, mon objectif étant de tenir 22,5 km/h de moyenne sur le compteur pour parcourir les 360 kilomètres qui me séparaient de Romorantin à une moyenne réelle de 20 km/h. Le chrono montait progressivement, jusqu'à 24,6 km/h; une moyenne que je tenais jusqu'au km 202.

Le début de mon parcours se déroula sans encombre. J'ai même pris une heure d'avance sur mon horaire planifié, ce qui me valu d'observer un magnifique soleil rouge dans mon rétroviseur à mon arrivée au Lion d'Angers. Je m'arrêtais 4 kilomètres plus loin, à Grez-Neuville, pour m'équiper d'un gilet jaune, allumer mes lumières, ravitailler et attaquer la nuit qui n'allait plus tarder. J'appréhendais les collines , entre la Mayenne et la Sarthe, qui m'avaient fait tant souffrir lors de mon passage précédent avec mon KMX (tricycle couché). Malgré la nuit, je me surpris de la facilité avec laquelle je pédalais mais, mon assurance fut mis à mal lorsque je me trompais de direction, rallongeant par la même occasion, mon parcours d'une dizaine de kilomètres. Je réussissais malgré tout à atteindre la Loire dans les temps que je m'étais impartis.

J'aimais rouler le long de la Loire mais, ma lumière arrière s'affaiblissant, je décidais de m'arrêter pour en changer les piles. Comble de malchance, mes piles de rechange étaient déchargeaient et je perdais la vis de fixation de ma lumière; je dûs prendre sur moi pour garder mon calme pendant les dix à quinze minutes qu'il me fallu pour la retrouver. Je repartais enfin, le plus sereinement possible, pour avaler les kilomètres avant ma prochaine halte. Régulièrement, je regardais si ma lumière arrière fonctionnait encore. Par chance, la rive Nord de la Loire était fermée à la circulation pour travaux, ce qui me permis de rouler sans voiture (ou presque) jusqu'à Saumur. Une dernière pause et je traversais la Loire, la fatigue me gagnant peu à peu.

Enfin, j'arrivais à Savigny-en-Véron. J'allais pouvoir remplir mes bidons mais, par malchance, le robinet qui me fournissait l'eau de mes précédents voyages était démonté. Je remontais en selle le moral en berne et lorsque j'aperçus l'église, je me rappelais qu'il y avait souvent des toilettes à côtés. La chance me souriait. Je pus faire le plein d'eau et repartir à l'assaut de mes démons dont l'un, se prénommait "Indre".

L'Indre, cette rivière qui se jetait dans la Loire, m'intima maintes fois l'ordre de faire demi-tour. Il réitéra sa supplique mais je ne pouvais pas, je ne pouvais plus courber l'échine alors je continuais. Le froid et la fatigue se mêlaient à la bataille me forçant à m'arrêter fréquemment avant d'enfourcher de nouveau ma monture et de m'enfoncer vers l'inconnu.

J'avais suivi l'Indre sur des kilomètres, bataillant à corps perdu pour gagner mon défi mais c'est le Cher qui me fit mettre un genou à terre; à Athée-sur-Cher, je m'allongeais sur un banc et m'endormi. J'avais roulé toute la nuit et malgré ce repos de quinze à vingt minutes, à Montrichard, c'est un soleil levant qui me vit dormir sur un autre banc public. Le but se rapprochait. Je ne pouvais plus faire demi-tour. Mes provisions diminuaient et, lorsque je m'arrêtais pour regarder une dernière fois ma carte, je remarquais que je n'étais pas le seul breton à être passé par là; un fanion breton gisait sur le bas côté, m'indiquant certainement que ma route bifurquait à cet endroit. J'ai suivi ce signe et , malgré le manque d'indication, il s'avérait que j'avais pris la bonne route. Environ trente kilomètres plus loin, à onze heures, j'atteignais mon but. J'avais rallié Bruc sur Aff à Romorantin-Lanthenay, après avoir parcouru 370 kilomètres en 21 heures. Je venais de vaincre mes démons.

 

En chiffres :

Départ de Bruc sur Aff à 14h le 20 octobre 2015

Arrivée à Romorantin-Lanthenay à 11h le 21 octobre 2015

Sur le compteur, je pouvais lire 369,87 km pour 21,8 km/h de moyenne

Ma moyenne réelle étant de 17,62 km/h

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