En préparation de notre voyage d'été, je suis parti reconnaître le chemin que nous allons emprunter. Départ de bonne heure après un bon petit déjeuner. Les sacoches sont pleines. L'homme est motivé et le temps semble sourire à ce projet.

100_0377Petits pains au lait fait maison; ils tiendront les 4 jours de voyages.

100_0378N'ayant pu installer le low rider, j'ai enlevé les sacoches avant. Il reste la sacoche de guidon pour le petit matériel (appareillage électronique, entre autres).

100_0379Dans la sacoche de droite, le couchage et des habits de rechange, dans celle de gauche, les victuailles et au milieu la tente qui a passé 1 000 km accroché sur le porte-bagage sans en bouger.

 

1er jour : Bruc sur Aff - Cussay (292 km)

 

Je suis parti sur des routes que je connaissais bien, des rêves plein la tête, pressé d'être déjà au moins 100 km plus loin. Le temps ne semblait pas bouger. Le vent ne voulait pas m'embêter. L'idylle pouvait commencer !

 

IMG_20160512_111955Première halte

Pour notre première halte de cet été, deux options s'offre à nous. Il faudra que j'y retourne pour étudier ça de plus près. Ce n'est qu'à 70 km de la maison, ce n'est pas trop loin. De ces deux options, le choix de l'itiniraire du jour suivant se jouera. J'aurais peut-être un peu plus de km à pédaler pour trouver le meilleur itinéraire mais comme ça me fait prendre l'air, ça me donne le sourire.

A l'approche de la Loire, le temps devient plus menaçant. Des gouttes d'eau se font sentir; la pluie s'inviterait-elle au voyage ???

IMG_20160512_124716Un vélo pour géant ;)

IMG_20160512_125918Saint Florent le vieil vu du côté de Varades

IMG_20160512_131304Pause déjeuner à Saint Florent le Vieil

J'avais décidé de déjeuner sur les bords de Loire. Il était 13h lorsque je traversa celle-ci. J'avais déjà essuyé quelques petites averses. En fait, elles étaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que je m'approchais de la Loire. J'eus de la chance de déjeuner au sec car il a plu avant mon arrivée et il a plus quand je suis reparti.

IMG_20160512_134559Ingrandes

La Loire m'a vu naître, elle m'a vu grandir et j'espère qu'elle me verra aussi mourir. Elle et moi, c'est une grande histoire d'amour. Je ne me lasse pas d'admirer ses paysages magnifiques. C'est un passage incontournable lors de mes voyages; que ce soit à sa source ou son estuaire.

IMG_20160512_152335Au sud d'Angers; dépaysement garanti et surtout un havre de paix pour qui veut s'éloigner du tumulte de la ville.

IMG_20160512_175528Option Loire à vélo par la rive nord de la Loire.

IMG_20160512_181023Toujours les bords de Loire; s'il n'y avait pas la route avec le passage des voitures juste au dessus, on se croirait ailleurs, dans une autre contrée, un autre monde ...

Je remonte encore et encore la Loire, me rappelant les souvenirs de mes anciens passages et repère les lieux de bivouac que j'ai coché sur la carte. J'en enlèverai un qui trop près d'un camping.

Je traverse le sud d'Angers (les parties routières) en accélérant. Je n'aime pas l'excitation citadine, elle me stresse. La pluie reste fine mais bien présente. Je suivrais bien les panneaux de la Loire à vélo car c'est par là que nous passerons. Je repère les points d'eau, les toilettes et les boulangeries (non, je ne suis pas gourmand !!!)

A Gennes, nous nous ravitailleront pour le bivouac du soir que nous ferons de l'autre côté de la Loire, à Rosière sur Loire. Il y a un parc pour enfant et ensuite, nous pourrons nous installer tranquillement sur les bords de Loire avant de reprendre notre route ... Le chemin suit la Loire jusqu'à l'entrée de Saumur. Ce fut un plaisir de le découvrir car oui, je découvrais la rive nord de cette partie de la Loire. Mon côté VTTiste s'est bien amusé pendant ces km de sentiers de sable, cailloux, herbes, terre, boue et pavés (cette été, avec la remorque, ce sera plus délicat à aborder).

Saumur, je traverse sans me tromper de route, pour une fois. Je fais un repérage rapide. Nous nous attarderons plus longuement cet été et je connais cette ville depuis mon plus jeune âge (même si je m'y perds toujours). Je continue le long de la Loire. Si j'ai bien calculé, nous n'aurons pas plus de 2 km de route à partager avec les voitures mais ça nous évitera de grimper dans les coteaux. Nous aurons notre lots d'ascensions dans le Limousin.

Je m'arrête à Savigny en Véron pour dîner. Il doit être 20h ou 20h30, 220 km au compteur. Deux choix s'impose à moi; rester sur place, me reposer et repartir frais et dispo demain ou continuer. Seulement 220 km au compteur ... J'avais prévu 250 km minimum par jour. Je crois que ce fut ma première erreur; reprendre le vélo et rouler jusqu'à ce que la nuit m'enveloppe de son sombre manteau et la pluie me transforme en serpillière.

En traversant Chinon, j'ai pu apprécier son architecture. Il est clair que nous allons y passer quelques heures cet été ...

La nuit est là, accompagné de dame pluie et monsieur vent. Je suis sur une terre inconnue. Je ne trouve pas d'abri et donc j'hésite à sortir ma carte. Je finis donc par me tromper de route. Je n'aime pas faire demi-tour. Je prends une petite route pensant rattraper mon itinéraire. Ca descend dure. Je croise les doigts pour ne pas avoir à la remonter. Debout sur les freins, je viens d'atterir dans un chemin de terre. Le vélo part de travers. Je contrôle, crie intérieurement. Je ne veux pas me payer cette côte descendue si vite. Je suis curieux. Je continue sur le chemin, de nuit, sous la pluie. Il mène bien quelque part ??!!! Il débouche sur une route. Je prends à gauche puis aperçois des panneaux derrière moi alors je fais demi-tour. Ce que je lis sur ces panneaux à remonter des souvenirs datant d'un an, quand je commençais à dessiner l'itinéraire de ce futur voyage à vélo en famille en Limousin. Je ne suis jamais venu auparavant mais comme je m'étais penché sur la possibilité de prendre les circuits locaux pour éviter les grands axes, je découvris avec bonheur que j'allais dans la bonne direction. Bon, j'aurais dû continuer tout droit en arrivant à Sainte Maure de Touraine mais parfois, je ne contrôle pas tout ce que décide mon cerveau. Il ne doit pas être loin de minuit et je trouve un couple en train de fumer leurs clopes sous le porche de leur maison, je suis dans une impasse donc voir un randonneur à vélo passer devant chez eux les a surpris un peu mais j'ai tenté ma chance et grâce à eux, j'ai retrouvé ma route. Même en retournant sur mes pas, je n'arrivais plus à me souvenir d'où je venais; la fatigue oeuvrait !

A chaque village, je cherche un abri. A Sainte Maure de Touraine, il y avait trop de lumière et surtout trop de gens éveillés. Village après village, je ne trouve pas d'abri où je pourrais passer la nuit et pourtant, je peine à rester en équilibre sur mon vélo. La tenue de pluie m'a donné chaud mais à chaque coup de vent, le froid me glace les muscles. Cussay, je tourne et retourne dans les rues du village. Un seul abri de bus avec un banc même pas assez grand pour que je m'y allonge. Je m'y installe quand même. Je serais dérangé la pluie, les rafales de vents, les quelques voitures et camions qui passaient par là. Finalement, même si j'y suis resté 2h30, j'ai dû me reposer seulement 10 minutes.

 

2ème jour : Cussay - Saint Léonard de Noblat (260 km)

Il est 4 heures du matin quand je repars tout mouillé et à peine reposé de la vielle. Direction le Grand Pressigny où débute une véloroute devant me mener à Le Blanc sur "la voie verte" (c'est son nom).

IMG_20160513_061142L'Aigronne au point du jour; le Grand Pressigny.

Si j'avais roulé 13 km de plus, j'aurais trouvé refuge au Grand Pressigny mais fallait-il le savoir ...

Je suis sur la soit disant véloroute qui, en fait, est intégrée dans plusieurs boucles de vélo promenade locales; d'abord la 11, ensuite la 6 et ... Je me suis perdu. J'ai fini par activer ma connexion internet et remarquer que j'étais à plus de 10 km de la voie verte que je cherchais. Je décide de couper et de la rattraper plus loin mais toutes les routes menant à ma destination sont barrées. Grrr !!! Pluie, vent, voitures ... Je me retrouve sur une départementale roulante pour retourner sur Le Blanc. Je récupère finalement la voie verte. Jusqu'à Ruffec, c'est un revêtement roulant qui me permet de me reposer tout en pédalant mais après, trous et cailloux viennent accroître ma fatigue. A Ciron, je vois enfin une boulangerie (nombre de villages traversés se trouvent orphelins de boulanger, c'est dur pour le voyageur affamé ou qui veut se remonter le moral avec une petite gourmandise). J'ai fait mon gourmand, j'ai englouti deux pains au chocolat, un pain suisse et un pain au raisin; j'ai abusé !

IMG_20160513_083331"la voie verte" avant Le Blanc.

"La voie verte", je l'ai trouvé avant Le Blanc, à Tournon-Saint-Pierre, pas sans difficulté ... Je l'ai quitté à Pouligny-Saint-Pierre pour essayer de trouver une boulangerie et c'est à ce moment où j'ai commencé à pendre la mauvaise direction. Mais, je l'ai reprise à Le Blanc. Sur la photo, on verrait presque la pluie tomber. C'était risqué de sortir le téléphone avec cette pluie mais je voulais cette photo.

IMG_20160513_121907Saint Gaultier et la Creuse, avant d'arriver à Argenton sur Creuse.

IMG_20160513_121921Dernier pont traversant la Creuse et fin de la voie verte.

Arrivée à Argenton par des petites routes que je ne connaissais pas. Franchement, elles valaient le détour. Je n'ai pas pris de photo voulant laisser la surprise de la découverte à ma petite famille cet été mais nous n'y passerons pas. Cette "voie verte" est affreuse. Elle est parfaite pour le baroudeur que je suis mais quasiment impraticable pour une famille avec carriole et jeunes enfants. J'y retournerai peut-être pour prendre des photos ...

Sorti d'Argenton par une départementale fréquentée, direction Eguzon et le début des festivités. Première vraie ascension ! Je suis fatigué, crevé, mort et pourtant, j'ai le sourire au lèvre, le soleil au coeur (malgré la pluie qui tombe toujours) et j'avale cette pente avec bonheur malgré la charge de bagages.

IMG_20160513_145956Crozant

Arrivée à Crozant, je fais une pause; d'abord photo puis pour me restaurer. Crozant devait être un passage obligé pour cet été mais il n'en sera rien. C'est un détour trop périlleux pour une famille.

Je repars donc en direction de La Souterraine par les petites routes. Les jambes ont mal, très mal et ça grimpe. La pluie redouble d'intensité. Je cherche des abris mais apparemment, dans le Limousin, les abris, ils ne connaissent pas. Mes freins lâchent dans une descente. Je les tourne, les bricole et repars. Je vois la gomme partir à vitesse grand "V". Vont-ils tenir ? J'ai aussi compris pourquoi ils ne coûtaient pas chers quand je les ai acheté. Quand je rentrerai, je mettrai de nouveaux patins de freins plus de haut de gamme ... Si je rentre !

La pluie, la fatigue, les freins, les pneus qui n'aiment pas la pluie et les parties grasses de la route me font perdre tout cet engouement que j'avais à venir en Limousin pour enfin me faire quelques ascensions et quelques descentes de malades.

Je suis trempé jusqu'au os mais le pire, c'est qu'à mon dernier arrêt, j'ai mal remis le bas de mon pantalon de pluie et toute l'eau a coulé dans mes chaussures. Il me reste 600 km à faire avec les pieds humides. J'aime les galères en voyage mais celle-là, je m'en serais bien passée. D'ailleurs, elle me portera préjudice bien plus tard, à 10 km de chez moi, où un mal de pied m'empêchera de continuer de pédaler (après un km à marcher à côté du vélo, je pus remonter sur mon vélo et rentrer)

A La Souterraine, je me refugie sous le porche du bâtiment du cirque Valdi. La pluie tombe drue et n'a pas l'intention de s'arrêter. Je mange un peu, essaie de me reposer malgré le flot incessant de voitures et prends mon courage à deux mains pour remonter sur mon vélo. Je connais La Souterraine, je prends donc les toutes petites routes pour en sortir mais là, des voitures y circulent. A La Souterraine, tout se fait en voiture ...

Bénévent l'Abbaye, je trouve un refuge juste à côté de l'abbaye, à l'abri des regards mais, malheureusement, la toiture est en très mauvaise état et je ne pourrais pas y passer la nuit. Après avoir dîner, je décide donc de reprendre la route. Dommage, que cette pluie m'est mis le moral dans les chaussettes (trempées) car c'est la partie de ma virée que j'attendais, j'allais enfin avoir du dénivelé.

La pluie, toujours la pluie ... Grimper n'est pas toujours chose aisé pour le cycliste. Lorsqu'on rajoute des bagages, on augmente la difficulté et on doit développer plus d'effort alors lorsqu'on a une tenu de cosmonaute, le corps surchauffe rapidement. Il a fallu que je régule au mieux mes efforts si je voulais continuer et comme je ne voulais pas rester au milieu de nulle part sous la pluie, j'ai levé le pied dans les ascensions et j'évitais de prendre trop de vitesse dans les descentes; pour éviter de prendre froid, parce que mes freins ne freinaient presque plus et mes pneus glissaient toujours autant.

Arrivée à Champtnétry, je devais passer la nuit chez un ami mais minuit sonnait que je passais devant chez lui et il dormait alors je suis parti à la recherche d'un endroit où passer ma nuit. Finalement, je dormirais sous le square de Saint Léonard de Noblat, enfin, sur ses marches, le seul endroit de sec et à peu près protégé du vent lorsqu'on s'y allongeait. J'ai réussi à dormir deux cycles d'une heure et demi, avec un réveil entre les deux, ce qui me permis de récupérer suffisamment pour reprendre la route à petite vitesse.

 

3ème jour : Saint Léonard de Noblat - Thuré (169 km)

Direction Ambazac, à jeun. Pourquoi à jeun ? Je voulais tester et je n'avais pas envie de déballer mes affaires ! Arrivée à Ambazac, j'ai dû faire une pause de 5 minutes sinon je m'écroulais. Je me mis ensuite à la recherche d'une boulangerie; une envie de pain au chocolat et pain au raisin. Même à Ambazac, les boulangeries artisanales ont fermé mais, malheureusement pour eux et heureusement pour moi, une boulangerie industriellement y a ouvert ses portes. Les prix sont moindres mais la qualité aussi. Du coup, je me suis arrêté dans une supérette pour m'acheter une gâche aux pépipes de chocolat et deux tablettes de chocolat noir aux noisettes. Comme j'avais une heure à battre avant l'ouverture de la superette, j'en ai profité pour nettoyer les dégâts causés par la pluie et le bicarbonate de soude (j'emmène toujours un flacon de bicarbonate de soude avec moi car ça sert à tout mais à chaque fois, le flacon s'ouvre, pourtant ils sont durs à ouvrir). Le régulateur USB2BYK tout neuf et les accus ont morflé. J'enrage ! Du coup, mon téléphone ne se chargera plus correctement et pire, il se déchargera. Il succombera après Angers ! (Je l'ai ressuscité en arrivant chez moi.)

IMG_20160514_071436Le Taurion, après Saint Martin Terressus

Nous sommes samedi. Météo France avait annoncé des éclaircies. Entre 8h et 9h, j'ai aperçu le soleil mais à 9h, il s'est remis à pleuvoir. Je voulais aller mettre les pieds dans l'eau au lac de Saint Pardoux, ce sera pour une autre fois. D'ailleurs, il n'y avait pas un chat ... C'est rare !

IMG_20160514_120323Traversée de la Gartempe.

IMG_20160514_120334La Gartempe

IMG_20160514_130209Arrivée à Le Dorat

IMG_20160514_130655Collégiale Saint Pierre

IMG_20160514_130708Colégiale Saint Pierre

IMG_20160514_130715Collégiale Saint Pierre

IMG_20160514_131313Le Dorat, l'Ostension

IMG_20160514_131346Le Dorat, parement des entrées pour l'ostension.

Je continuais ma route sur le retour avec la sensation d'oublier quelque chose. J'avais envie de plus mais je ne pouvais pas. La fatigue m'a empêché de réfléchir correctement et finalement, je rentrais. Où était passé l'aventurier ?

Je continuais tout de même ma mission première, faire du repérage pour le voyage de cet été. Mais il faudra que j'y retourne car la départementale qui relie Le Dorat à Montmorillon est trop fréquentée et puis, passer par Bourg Archambault serait plus intéressant sur beaucoup de points.

IMG_20160514_151612Haims

IMG_20160514_173318Histoires et contes sont au rendez-vous dans ce pays.

IMG_20160514_191541La Puye

Je m'inquiète pour mon téléphone. Plus j'avance et plus il se décharge. Combien de temps va-t-il encore tenir ? Bientôt Chatellerault, je décide de débrancher le téléphone du régulateur et de laisser uniquement les accus se charger, une fois arrêté, je rebrancherais mon téléphone en arrêtant toutes les applis gourmandes.

J'arrive à Chatellerault par les petites routes et les panneaux m'indiquent la direction des grands axes ou un centre commercial. Il y a une autre direction où rien n'est indiqué mais ma curiosité ne m'y pousse pas. Je comprendrais, après être passé devant le centre commercial et les cités de Chatellerault que c'était la direction non indiquée qu'il fallait prendre. D'ailleurs, il faut aussi chercher pour trouver la voie verte. Je l'ai empruntée à Besse, quelques km après Chatellerault car je ne l'ai pas trouvée avant et encore, rien ne l'indiquait. Chouette voie !!! Il y a des aires de pique-nique avec des parking à vélo. Au bout de plusieurs km, je décide de m'arrêter et de dîner. La fatigue étant de retour, je décide de sortir mon duvet et je m'allonge dans l'herbe, sur le bord de la voie verte. J'avais décidé de repartir après m'être reposé mais j'étais tellement bien que, finalement, j'y suis resté. Je me suis couché avec un ciel gris, en croisant les doigts pour qu'il ne pleuve pas car j'avais étendu mes chaussettes et je me suis réveillé avec des étoiles plein les yeux. Je me suis rendormi et réveillé quelques heures plus tard avec toujours autant d'étoiles dans le ciel. J'étais heureux. Il faisait frais, j'étais au chaud dans mon duvet. Les étoiles m'émerveillaient et les sons de la nuit me berçaient. Je me levais juste avant l'aube et repris le vélo au point du jour.

 

4ème jour : Thuré - Bruc sur Aff (271 km)

 

IMG_20160515_070932La voie verte aux alentours de Monts-sur-Guesnes

IMG_20160515_070940La même voie verte

IMG_20160515_073947Séchage des chaussettes sur cornes de guidon et porte-bagage

IMG_20160515_075004Toujours la voie verte avec du soleil

J'ai merveilleusement bien dormi. J'ai repris la route avec le soleil. Le moral revenait mais j'avais lâché l'idée de continuer mon repérage. Je ne voulais plus qu'une chose, rentrer à la maison. J'ai donc continué la voie verte jusqu'au bout et j'ai ensuite pris la route, jusqu'à Loudun dans un premier temps où je me suis arrêté pour m'acheter mes tablettes de chocolat et de la brioche aux pépites de chocolat (non, je ne suis pas gourmand); j'avais envie de fruits aussi mais dans la nuit, j'ai perdu une des maigres piécettes que j'avais et du coup, je me retrouvais avec très peu de monnaie, il fallait donc faire un choix entre les fruits et le chocolat (non, je ne suis pas gourmand).

Après Loudun, Montreuil-Bellay par la départementale; c'est fou ce que ça peut faire du bien de rouler sur une route avec un bon revêtement. Juste avant Montreuil, je me suis arrêté dans des toilettes publiques pour me changer; j'allais enfin pouvoir rouler en tenue légère ! (Vive les coups de soleil à l'arrivée !)

Je voulais continuer par la grande route jusqu'à Angers mais finalement, je pris la décision de bifurquer en direction de la Loire à Montreuil, malheureusement, je me suis trompé de sortie et je me suis retrouvé sur la route de Saumur, un dimanche ensoleillé, l'horreur en terme de circulation. J'ai repris les petites routes jusqu'à Gennes où j'ai déjeuné avec l'histoire.

IMG_20160515_124340Dolmen de la Magdeleine (déjeuner avec l'histoire)

J'envoyais mon dernier message (texto). Mon téléphone venait de passer en mode économie d'énergie. Je reprenais les bords de Loire jusqu'à Bouchemaine (Angers). Il y avait du monde partout et aussi des vélos (passage obligatoire de la Loire à vélo). Je n'aime pas le monde mais je devais me restaurer avant de repartir. Mon téléphone s'arrêtera quelques km plus loin. Là encore, je pris le chemin le plus court pour rentrer chez moi, la départementale et pour un dimanche, je trouvais qu'il n'y avait pas trop de voitures. J'appris le lendemain que nous étions le lundi de la Pentecôte (ceci expliquait cela).

J'entrais dans un mode automatique (ou presque, l'un de mes accoudoir de mon cintre triathlon venait de casser). Pédalage en rythme suffisamment soutenu, le nez dans le guidon, mon but était de rentrer.

Dernière pause à Candé; j'ai cru à un moment que je ne serais pas chez moi avant 23h et finalement, je roulais à un bon train. J'ai même cru que j'allais rentrer à 21h ou 21h30 mais une pédale se bloqua. Un galère de plus; ça roulait trop bien pour durer. Je suis passé du mode cycliste au mode mécanicien en un rien de temps, ça m'en a même surpris. D'habitude, je tourne en rond à réfléchir et en espérant que ça se fasse tout seul avant de m'y mettre mais là, je posais mon vélo par terre, sorti mes outils (je n'avais pas ma clé pour démonter les pédales alors je l'ai laissée sur sa manivelle). J'ai démonté le contours de la pédale (je me disais à ce moment que si mon téléphone avait encore fonctionné que je me serais amusé à prendre des photos pour faire un petit tutoriel), enlevé le capuchon de mon roulement (je pensais en chier mais il est venu tout seul) et j'ai remarqué que mon contre écrou s'était desserré, du coup, l'écrou principal s'était resserré contre le roulement, ce qui empêchait la pédale de tournait. Je n'avais pas les outils adéquates mais la pédale fut gentille et elle s'est laissée faire. Je suis reparti et j'avais mal aux jambes; mal un peu par l'effort consenti mais surtout par les coups de soleil. Le soleil qui m'avait donné de son énergie pour que je puisse rouler plus vite, me grillait la peau comme si j'étais un poulet qu'il voulait engloutir pour son dîner.

En parlant de dîner, je sautais le mien intentionnellement pour me préparer des crêpes au chocolat en arrivant mais pour cela, il fallait arriver vite, très vite. Les 40 derniers km, je passais sur du gros braquet et je tournais les pédales à environ 90 tours minute. Il me fallait rouler vite, très vite et l'idée de manger de bonnes crêpes au chocolat me motivait amplement. Et pis, je me suis posé une question : vais-je tenir ce rythme 40 km ? J'ai repensé aux crêpes au chocolat !

Arrivée à la Vilaine, il ne me restait que 18 km à parcourir. J'avais mal aux jambes et le soleil venait d'enfiler son pyjama. Il fallait que je rentre avant qu'il ne se mette au lit mais il bu sa camomille et parti se coucher. Aussitôt au lit, aussitôt il tira les couvertures à lui. Un vent glacial vint me rappeler que j'avais mal aux jambes et que j'avais encore les pieds mouillés. D'un coup d'un seul, le vélo se stoppa. Je mis pied à terre. Mes crêpes au chocolat venaient de s'évanouir. Il m'a fallu marcher un bon km pour réchauffer mes jambes et enlever la douleur à mon pied causé par l'eau et l'appuie sur la pédale. Quand je remontais sur mon vélo, je n'arrivais plus à avancer mais je réussi à rentrer un peu avant 22h30, heureux d'être enfin à la maison.

Conclusion

Je vais devoir repartir pour finir le repérage du trajet du voyage de cet été mais ce coup-ci, par beau temps et non sous la pluie. Je partirai en mode bikepacking, c'est-à-dire, moins de bagage pour être le plus léger possible (juste une sacoche de porte-bagage et mon duvet). Légèrement rimant souvent avec rapidité, j'en profiterais peut-être pour me lancer un nouveau défi (300 ou 400 km d'une traite).

Ne plus faire confiance à météo France !!!

Dans l'ensemble, je me suis amusé et j'ai vu de très beaux paysages et c'est surtout pour ça que je pars à vélo, pour les paysages.

J'ai roulé 1 000 km en 4 jours.

Refaire le Limousin par beau temps pour aller m'éclater sur ses "petites pentes" !