Jeudi 7 juillet 2016, jour du grand départ ; le stress monte ainsi que l’excitation. Départ de l’expédition familiale : Bruc sur Aff pour arrivée à Saint Léonard de Noblat. En tout, 1 000 km à parcourir sur les routes, chemins et voies vertes de l’Ouest et le Centre de la France. La tension monte comme pour chaque voyage. J’avais prévu une révision et un nettoyage complet de chaque vélo mais j’ai fait l’impasse sur le nettoyage des transmissions ; juste avec une simple lubrification, je croise les doigts pour que ça tienne jusqu’au bout.

 

1premier arrêt au bout de 3km

 

2Eglise du Grand-Fougeray

 

Le premier jour nous mène à l’étang de la Provostière, entre la Meilleraye de Bretagne et Riaillé, sous un soleil de plomb et une atmosphère orageuse. Mon choix vestimentaire est mauvais. Mon premier pantalon craque ses coutures au niveau de l’entrejambe. Je finirai le voyage avec mon pantalon de rechange et mes collants de jogging. Première blessure pour Sélène dans un parc de jeux pour enfant qui manque de mettre un terme à notre voyage.

 

3L'étang de la Provostière

 

4Fin de la première étape

 

5Couché de soleil sur l'étang

 

Bivouac sur les bords de l’étang avec les foulques, poules d’eau, canards, grenouilles et autres volatiles et batraciens.

Le début du deuxième jour se passe très bien. Sélène roule correctement et Tyfenn reste calme dans la carriole ; elle me surprend, elle qui a un tempérament très fougueux.

 

La tour carrée d'OudonOudon

 

7Square de Champtoceaux

 

Les choses se gâtent l’après-midi. Les crises à répétition de Sélène plus les coups de soleil et ce temps orageux viennent à bout de ma volonté à continuer. Céline, égale à elle-même, se met en colère prétextant que je ne suis qu’un égoïste. Je prends sur moi et les conduits jusqu’au bivouac suivant. Ce soir-là, c’est soupe à la grimace. Ca tombe très bien, j’ai besoin de me reposer et de réfléchir. Finalement, le voyage continue.

 

8Champtoceaux, toute une histoire.

 

9Vu sur Oudon, de Champtoceaux.

 

Le troisième jour, nous suivons le parcours de la Loire à vélo. A partir de Saint Florent le Vieil, Céline découvre de nouveaux paysages. Personnellement, je trouve cette portion vague et monotone ; c’est plat, ce qui est très bien pour Sélène. Nous nous arrêtons à Ingrandes pour faire le plein de provisions et manger quelques viennoiseries sur le bord de la Loire. Les moustiques, déjà présents les jours précédents, continuent de nous piquer, même en plein jour.

 

10Notre-Dame-du-Marillais

 

11Port de la Possonière

 

12Pause à la Possonière

 

Le quatrième jour, nous abordons un aspect plus touristique de la Loire à vélo, avec le village du Thoureil entre autres, et le sentier de la rive Nord de la Loire nous menant jusqu’à Saumur. La France est en finale de l’Euro. Nous avons peur de ne pas pouvoir dormir de la nuit ; ils ont dû perdre ?!

 

13La Daguenière

 

14Bivouac à la Daguenière

 

15Un château dont j'ai perdu le nom avant Saumur

 

La communication est revenue au sein de la famille mais mon téléphone ne s’est pas rechargé correctement. Je monte les tentes et enfourche mon vélo pour le recharger avant la nuit. La pluie arrive, ce qui chasse les moustiques et met fin à mes aller-retour à vélo. J’ai peur que mon téléphone n’ait pas assez de batterie pour finir le voyage mais il n’en est rien ; un fil abîmé et réparé et mon téléphone se recharge à nouveau correctement grâce à la dynamo moyeu et le régulateur.

 

16Une pause à l'ombre bien méritée

 

17Saumur

 

18La Loire à Saumur

 

Le cinquième jour, nous nous dirigeons vers Loudun en passant par Fontevraud l’Abbaye, par les petites routes. Céline a un coup de blues en quittant l’itinéraire de la Loire à vélo et je suis persuadé que les moustiques y resteront aussi. Malheureusement, cette journée fut pire que les précédentes. Nous ne faisons quasiment pas de pause de peur de nous faire dévorer par ces sales insectes volants. Nous roulons 85 km et dînons tardivement, sur la voie verte, à une dizaine de kilomètres de Chatellerault.

 

19Arrivée sur la voie verte (la ligne verte) qui nous mènera à Chatellerault.

 

Le bruit fracassant d’un sanglier me réveille à 3 heures du matin. Je sors de ma tente. Il grogne. Je lui réponds en parlant. La curiosité s’installe. J’essaie de le voir et je l’entends se rapprocher. Je commence à paniquer. (Qu’arriverait-il s’il chargeait sur la toile de tente où dorment toutes mes femmes?) Je continue de parler et à faire du bruit. Finalement, c’est lui qui a le plus peur et s’enfuit. Je l’entends passer à nouveau deux heures plus tard mais il ne s’attarde pas.

Le sixième jour, Sélène fatigue. C’est compréhensible, nous avons fait de grosses étapes et elle s’amuse dans tous les parc pour enfants dans lesquels nous faisons halte. Je fais en sorte qu’elle canalise sa fougue pour qu’elle puisse continuer le voyage dans les meilleures conditions. Nous changeons aussi un peu l’itinéraire prévu et allons nous tremper les pieds dans le plan d’eau d’Archigny.

Les côtes que nous abordons depuis la sortie de Chatellerault fatiguent les organismes. Sur chaque sommet de colline, nous apercevons de gros nuages noirs se rapprocher. La température tombe et les averses débutent. Nouvelle crise de Sélène qui n’aime pas se faire mouiller. Je lui avais pourtant bien expliqué que les voyages aux longs courts ne se font pas toujours au sec.

Nous arrivons à Antigny sans trop nous mouiller (nous avons la chance d’avoir l’abri des arbres pendant les averses) un peu avant 18 heures, ce qui nous permet de nous reposer avant de préparer le dîner et de monter les tentes. Il se met à pleuvoir au moment où je finis de planter les sardines de ma tente. La nuit est longue et réparatrice.

 

20Enfin à Antigny

 

21Pont sur la Gartempe

 

22Ca en fait des km

 

Le septième jour, nous franchissons enfin la limite du département de la Haute-Vienne. Nous suivons la route du tour de France. Nous devons nous bivouaquer à Rancon mais tout le monde étant en forme, nous décidons de continuer notre route. Nous évitons, en plus, le bal populaire et le feu d’artifice prévus ce même jour. A Balledent, le village suivant, les premiers pleurs arrivent avec les premières ascensions. Après une pause et un petit briefing, Sélène prend son rythme au point où je peine pour la suivre. (A 9 ans, elle est capable de semer son père dans des côtes à forts pourcentage et assez longues.) Finalement, nous arrivons au lac de Saint Pardoux à 21 heures, heureux d’y être.

 

23Le Limousin, nous y voilà !

 

24Département de la Haute-Vienne, le plus dur est fait (ou reste à faire).

 

Le lendemain, nous nous dirigeons vers la plage pour une journée de repos mais la météo étant mauvaise, nous décidons de rouler en direction de notre destination finale ; Saint Léonard de Noblat. Sélène mérite grandement son maillot à pois (meilleure grimpeuse). Une journée de repos et ce sera le retour.

 

25Grand-mère, mère et filles.

 

26520 km juste pour l'aller, en seulement quelques jours, premier exploit de Sélène.